COMMENT NAISSENT LES POSTS SUR POÉSIE MODE D’EMPLOI





Platon n’accorde pas droit de cité au poète
Mais dans ton grenier
Parmi les ouistitis les Indiens les belles dames
Le poète au verbe coloré
Est venu

Blaise Cendrars
Du Monde Entier


D’abord toujours le stylographe
Poinçon à tracer ses graphies

(le mien est un feutre noir pointe fine
il trace ses rondes et ses minutes
tant que ma main lui donne l’énergie)

Il m’écrit en lignes nouvelles inconnues
même si pour le lecteur profane
elles ont un air de ressemblance
avec ce que de cet illustre inconnu
il croit avoir déjà lu

D’abord toujours le stylographe
Ensuite les doigts sur le clavier du traitement de texte
Pour, en quelque sorte, une réécriture,
Un post transféré sur poésie mode d’emploi,
Ce blog sauvage, caché dans la jungle des sites,
Pour les rares lectrices et les lecteurs
Du Monde Entier.

C’EST L’PRINTEMPS

AGENDA du 15 au 21 mars 2021
Lundi 15/03/2021


0h53   Et c’était déjà notre destinée Qui nous regardait sous votre voilette. Je connais par cœur ce poème de Verlaine évoquant la petite épouse et la fille aimée. Mais c’est la première fois, Covid oblige, que je l’assimile aux personnes masquées que je croise au marché, sur la plage et dans les premiers romans faisant état des moitiés de face et des corps en retrait. Sylvie Germain Brèves de solitude   1h05

Mardi 16/03/2021

3h00    La plume m’a donné plusieurs propositions pour laisser trace de ce jour, mais je n’en ai retenues aucune.   3h15

Mercredi 17/03/2021

3h10   Après plusieurs essais ratés, la mise en forme d’un court texte (fragment, esquisse, poème) nous apaise. Et nous met en présence d’un des secrets fragiles des vies de ceux et celles qui ont besoin de (se) raconter. La vida no es la que uno vivió, sino la que uno recuerda y cómo la recuerda para contarla. Gabriel García Marquez Vivir para contarla « La vie n’est pas ce qu’une personne a vécu, mais ce dont elle se souvient et de quelle manière elle s’en souvient pour la raconter. » Vivre pour la raconter.  3h13 + le temps de la citation et ma traduction.


Jeudi 18/03/2021

1h40   Sotz folha d’albespi. « Sous le feuillage de l’aubépine » Quel plaisir de retrouver ce fragment occitan d’un troubadour dans la langue de ma lignée…valets de ferme, fermiers puis paysans enfin libérés du poids des maîtres.    1h42

Vendredi 19/03/2021

Original en ses deux sens : premier et singulier.

J’ai été le premier de la famille à “faire des études” après “l’école primaire” j'ai fait comme il se doit, "le cours complémentaire" (avant que le nom disparaisse changé en “collège”), puis le lycée que j'ai quitté au bout d'un an pour l’École Normale d’Instituteurs (le graal pour une famille issue des valets de ferme puis de petits paysans), et un peu d'Université. Le premier, côté homme, à ne pas faire son “service militaire” mais la “coopération culturelle” donnant des cours joyeux  de langue française sous les tropiques caraquègnes.

Singulier? Sous l’angle du langage le souci constant de se soustraire à la servitude volontaire de la culture de masse par des lectures incessantes dans tous les domaines, les alertes et les impasses, le temps long laissé à l’incompréhension, la confusion, à condition que Conatus nous maintienne. Persévérer, échanger, susciter, ondoyer, avec et pour autrui, poésie de la pensée, pensée de la poésie. Et puis à la fin de l’histoire, avec sa petite hache, la disparition Qui au sortir d’un Corpus compilant nous conduira tout droit au zoo.

italiques : Étienne de la La Boétie, Baruch Spinoza, George Steiner. Georges Perec

Texte initié à 5h50 puis repris pour un dictionnaire à part moi. (texte au long cours, en cours)


Samedi 20/03/2021

2h55           Grâce à « la conversion numérique » je viens de « poster » sur mon blog poésie mode d’emploi un poème en 3 dimensions : « la pièce écrite la main », sa modification en la recopiant sur le clavier avec son traitement de texte et ma voix qui dit le texte final, en essayant d’être le plus naturel possible.     2h57

Dimanche 21/03/2021


4h27  C’est l’printemps. Depuis 68, allez savoir pourquoi, pas une année où je n’ai écouté (plutôt deux fois qu’une), le premier jour de la saison susdite, cette chanson enjouée de Ferré. Y a la pluie qu’y est passée chez Dior Pour s’faire l’modèle Soleil d’Or.   4h30




 



	

COMMENT ALIMENTER UN BLOG DE POÉSIE





Paroles de paroles

Font rôle sur la scène

Ou bien un monologue

Où le langage agite

Notre for intérieur





Paroles en silence

Nous connaissons aussi

Mais ce n’est pas ainsi

Qu’on peut alimenter

Un blog de poésie





Fabrique d’un poème

Se fait dans l’atelier

Ou en marchant, la tête

Dans les songes d’une page

Qui joue sur le papier





paroles de paroles

AH! CE BLOG QU’IL FAUT ALIMENTER

Hypnographies Dorio 03/09/2020

AH ! CE BLOG QU’IL FAUT ALIMENTER !





Celui-là je le fais en douceur

Je l’écris hors service

– Ah! ce blog qu’il faut alimenter! –





Celui-là je le laisse aller

Ce sera un récitatif improvisé

– Tout sur l’écran  Rien sur le papier! –





Il n’a pas de faveurs particulières

Mais un raccolage de mots

– Tiens! il ne faut qu’un c! –





Ah! oui c’est plein d’exclamations!

De ces points qu’affectionnaient

Hugo ou Racine





Ô Seigneur! disait l’un

Ô ciel! répétait l’autre





Et maintenant que dire?

Hélas! dit Bérénice

Et maintenant que faire?

Brûler Phœnix…





et s’envoler!

UNE GAGEURE DE TORTUE

 
 
   
 Le blog me tient
 Je tiens le blog
 Une gageure de tortue
 Qui trace jour après jour
 Son chemin inconnu
  
 Le lièvre me dit-on
 est toujours dans son startinblog
 à mâchonner sa feuille de route
  
 Je faramine
 Il procrastine
  
  
  
   




Le blog me tient

Je tiens le blog

Une gageure de tortue

Qui trace jour après jour

Son chemin inconnu





Le lièvre me dit-on

est toujours dans ses startin-blogs

à mâchonner sa feuille de route





Je faramine

Il procrastine

manuscrit avec hypnographies
arrière-plan dessin labyrinthe blanc sur noir
Dorio