On croit me voir quand j’écris Je, mais c’est pas moi, c’est ma marionnette, c’est du bois brut qui de temps en temps s’anime à Nîmes, Bayeux ou aux Martigues.
Juste une phrase II
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
On croit me voir quand j’écris Je, mais c’est pas moi, c’est ma marionnette, c’est du bois brut qui de temps en temps s’anime à Nîmes, Bayeux ou aux Martigues.
Juste une phrase II
À Maria-D
La face cachée d’un poème
Ici sur ce papier blanc blême
Où l’on essaie un mot puis l’autre
En reliant Tohu-Bohu
Guerre du Feu et de la Terre
à la modeste poterie
aux essais de l’homme d’argile
à la femme qui barbotine
La face cachée d’une pièce
Mise ici sur le papier
Barbotée bredouillée fouillée
Au bout des doigts de Soi comme un Autre
C’est réussi ou c’est raté
Savoir-faire n’est pas donné
Ici sur ce papier où l’encre
Le temps d’un poème…a coulé
.
J’ai écrit des suppléments imaginatifs, des résonances de souvenirs en voie de disparition J’ai écrit pour donner corps aux personnes que je fus et à celles qui m’ont quitté J’ai écrit dans l’ivresse de fragments que l’on pourrait considérer aussi comme autant de ratages créateurs J’ai écrit dans un temps qui jouit des dernières douceurs de vivre en bonne santé J’ai écrit dans le mouvement qui me fait passer au travers de périodes séparées de ma petite histoire J’ai écrit pièce par pièce ce qui ne peut-être rapiécé
Préface Un dictionnaire à part moi Editions du Net juin 2022
Les quatre vérités je les ai oubliées, le vent mauvais des ragots sociaux me les ôtés, elles sont mortes.
Juste une phrase I
PAROLES CONTRE PAROLES
Paroles sur le papier
Prises de paroles en Mai 68
(Mais d’où tu parles ?)
Paroles de Haine en ligne
Paroles de l’Hymne à la Joie
Paroles au creux de l’oreille
Paroles des bons Sauvages
Paroles à tout berzingue
Paroles plus que lentes
Paroles d’un trait de plume
Paroles d’un sang d’encre
Paroles qui ont bifurqué
D’oboles en paraboles
De paroles venues des dieux
En paroles dont le nom
Nous a paru d’éternité
***
– Mais d’où tu parles ? – De paroles sauvages en écrits raffinés, je me lance, je croise et ne suis jamais satisfait.
– Un exemple ?
– Agile Argile Fragile agitent ce texte dont j’ai perdu les clefs.
– Et alors ?
– Rien. Je ne me hâte pas de les retrouver.
J’aime naviguer dans le labyrinthe de l’obscurité, entrecoupé de rires et de fragments de récits d’explorations.
– Tu parles d’un chantier !
– Un champ de fouille, un atelier ; chacune et chacun s’y attelle, s’y confronte, s’y conforte, s’y réfugie, s’y reflète, s’y décale, s’y aventure, s’y rêve…
Et les voix s’entrecroisent multiples, profuses, futiles, incoercibles et par-dessus tout…jouissives.
Le mouvement de la plume sur le papier
Le mouvement du duende des pieds vers la cabeza
Le mouvement de mai 68 la plage sous les pavés
Le mouvement des mots du dictionnaire
Coche cochenille cochonnerie d’écriture dixit Artaud le Momo
Le mouvement en marge de tes poèmes où prolifèrent tes hypnographies
Le mouvement des Constellations d’Orion et de Cassiopée
Le mouvement du sang d’encre pas du sang du rouge
Le mouvement des boustrophédons de gauche à droite puis de droite à gauche
Le mouvement des sillons prélude aux semaisons et aux germinations
Le mouvement de ce qu’ont dit simultanément la bouche d’ombre la bouche solaire la bouche fermée
En ce laps d’un temps qui nous a paru ne jamais s’achever

le mouvement en marge de tes poèmes où prolifèrent tes hypnographies