LES OCCUPATIONS D’UN CONFINÉ HILARE

(avec l’aide de ses dieux lares)





1 Mettre des moustaches à la Joconde (déjà fait)

2 Dire merdre au père Ubu (déjà dit)

3 Écrire les mémoires inachevés (sic) du général Duconneau (plus rare mais déjà réalisé)

4  Pratiquer le monologue intérieur en imaginant être Ulysse coincé dans la caverne du Cyclope Corona

(Personne ne s’y est encore essayé)

5 Réapprendre par cœur son poème préféré de la classe de 6° le bonheur est dans le pré cours y vite (bis)

(mais n’oublie ton arrestation- lapsus calami – de sortie)

6  Manger son chien quand il ne reste plus rien au garde-manger puis le siffler pour lui jeter son nonos préféré (une idée d’un poète belge facétieux)

Refaire l’inventaire à la Prévert en recyclant cortège, la pèche à la baleine et le raton laveur.

(beaucoup plus rare on peut aussi recopier cette cogitation de Frère Jacques « folisophe improvisé » et la coller comme magnet sur son frigo : De l’hilarité de la vérité cloîtrée (sic)  momentanément au fond d’un puits cartésien)





la suite au prochain numéro mais





1 il faut retrouver les auteurs iconoclastes suggérés de 1 à 6 : 1,2,5 : facile. 4 : c’est écrit. 6 Ce n’est pas Michaux, c’est N. 3 un poète (1919-2011) des plus drôles connu par l’immense minorité des praticiens obstinés de poésie. Prix spécial « Corona » à celle ou celui qui donnera son nom.





2 et comme d’habitude nous publierons ici, les occupations personnelles des lectrices et lecteurs bienveillants, en temps de Corona.

BROUILLONS BOUILLONS D’ÉTERNITÉ

TEXTE MANUSCRIT
tel quel




Je ne fais jamais de brouillon mais ce texte qui s’écrit sans foi ni loi ne viendra peut-être jamais au jour. S’il apparaît quelque part, en numérique immédiatement, ou plus tardivement, et de manière bien plus rare, sur la page d’un livre, ça voudra dire qu’à partir de ce texte qui n’est pas un brouillon, mais une ébauche, une esquisse et même parfois, « tel quel » le texte sorti du premier jet…ça signifiera que le texte a été revu, recopié, transféré des doigts sur le stylo aux doigts sur le clavier du traitement de texte.

Brouillon, bouillon de culture, comme le titre d’une célèbre émission de télé.

Brouillon pour bouillon, je préfère le Bouillon Racine.

C’est toute une histoire d’Art déco et d’os à moelle.

C’est toute une rue qui se termine avant la place du théâtre de l’Odéon,

par la Librairie-Galerie Racine qui édita Une minute d’Éternité.

La photo ci-dessous en fait foi.

Décidément depuis que les brouillons fétiches d’écrivains ont disparu…tout est permis !

L’AMOUR DE LA POÉSIE AU TEMPS DU CORONA





ça a toujours kèkchose d’estrème un poème

Raymond Queneau





il y a quinze ans que jour après jour

j’enchaîne des poèmes certains et incertains

sur un blog que j’ai intitulé à tout hasard

poesiemodedemploi

https://wordpress.com/view/poesiemodedemploi.home.blog

et voilà qu’aujourd’hui de trois sources à la fois

on me sollicite pour un échange communautaire

de poésie garantie sans virus (sic)

pour échapper au corona on aura tout essayé

que j’me dis

après « l’orage cytokinique »

cet emballement du système immunitaire

qui met à quia les pôvs patients

voilà l’averse poétique

qui doit au contraire nous éloigner

de la viralité mortifère

bon voilà il est fait mon poème

que personne ne lira





jean jacques dorio  17/04/2020

QUAND LIRE C’EST FAIRE

Mes fantaisies naissent de presque rien…un grain de poussière sur la toile suffisait à Miró…pour Dorio c’est un mot issu du dernier rêve…d’un livre sous les yeux… ou d’une conversation d’hier au téléphone ou par courrier électronique…le plaisir de vive voix étant asteure interdit…c’est la période du virus dit corona ou covid19…qui dévaste la planète et confine ses habitants…Faites seulement faites…j’ai cette formule dans la tête…et la voilà au bout de la plume qui trace cette page…une fois n’est pas coutume je l’ai écrite comme un éclair…je vous fais sa photo…vous jugerez par vous-même…mais faites donc…no más disent les latinos à tout moment…et au Pérou c’est le familier no masito…et par le fait…cette nuit pour toi lecteur et toi lectrice…qui aurez suivi jusqu’au bout cette fantaisie…je vais transformer la célèbre formule quand dire c’est faire…en quand lire c’est faire…à toi d’en placer une maintenant…d’ouvrir ta page…et de faire disparaître celle-là…





18/04/2020 02h47

la page écrite
à la vitesse de l’éclair

JE ME SOUVIENS entre l’archive morte et l’écriture vive

le sous-titre est piqué à Gérard Genette (Apostille)

Je me souviens de Pierre Dac et de Francis Blanche. De Radio Paris ment (bis) Radio Paris est allemand, et de la truite de Schubert.

Je me souviens des Frères Jacques, que c’est beau la photographiE, et des Quatre Barbus, qui ouvrirent la voie, car elle est morte Adèèèle, Adèl’ ma bien-aimée.

Je me souviens de Marcel Barbu, candidat des chiens battus, à la première élection présidentielle de 1965.

Et qui ne se souvient des Travailleurs et Travailleuses ! de la camarade Arlette Laguiller.

Je me souviens qu’un autre dinosaure du trotskisme, candidat chassant sur les mêmes terres rouges, lui fit une lettre publique afin de cerner leurs divergences sur la dictature du prolétariat.  

Je me souviens de Jean Robic dit Biquet.

Je me souviens de mon spectacle de variétés le plus jouissif de ma vie. J’avais 21 ans, l’âge légal pour être majeur à l’époque, c’était le tour de chant, au Capitole de Toulouse, des deux copains de Sète et de Pézenas. Boby (Lapointe) pour celui-ci, qui me fit rire comme un bossu et  Tonton Georges (Brassens), pour celui-là, qui chanta et puis revint et s’accrocha aux rideaux jusqu’à minuit passé.

Je me souviens qu’avant chaque virée sur les routes de l’Ariège ou du Gers, il fallait que je vérifie le niveau d’huile de ma deuch, en regardant la jauge graduée.

Je me souviens des sommets de l’art jazzistique à Châteauvallon ; proximité : j’étais assis à 5 à 6 mètres de Mingus, qui alluma son havane au début du concert et le fuma in-extenso; humour carnavalesque de l’Art Ensemble of Chicago et nos rires enfantins, car ce n’était pas un public qui était convié, mais des complices dans l’optique de mai 68, capables de faire dévier la pièce, vers un peu plus ou un peu moins de free. Je me souviens de la soirée du 23 août 1976 : Léon Francioli, contrebasse, trombone, Beb Guerin, contrebasse, Bernard Lubat qui commença par étaler les padènes (poêles) de sa maman landaise, pour faire un solo de percussions qui nous laissa sur le cul, puis se mit au piano, et Portal Michel le maestro, sax ténor, alto, bandonéon, clarinette et clarinette basse. Par hasard le matin, j’avais assisté assis, incognito, à proximité des musiciens dans un bar de Toulon, à leur discussion sur le concert du soir, une sorte de carte du tendre et du dur, qu’ils exploreraient sans trop savoir où le chemin les mènerait.

Je me souviens de tu l’as dit Bouffi, au hasard Baltazar et de allons-y Alonzo, la formule préférée de Bébel dans Pierrot le fou.

Je me souviens de quand je monte je monte je monte je monte chez toi.

Je me souviens de cette phrase lue cette nuit d’un auteur qui n’aimait pas particulièrement le « flirt » avec l’écriture de soi. Mais écrire sur soi peut-être aussi une façon de s’effacer, comme un palimpseste sans transparence. (à méditer)

Je me souviens (suite sans fin)