J’AI VU PRÉVERT FUMER SON PETIT NINAS





J’ai vu Prévert fumer son petit ninas et Ferré ses celtiques

Moi qui ne suis rien j’ai fumé le havane – Monte Cristo n°3 – et la pipe de bruyère en fleur

J’ai vu les paysans de mon village faire une pause dans les champs et ouvrir religieusement

leur blague à tabac sortir le papier Job pour y rouler leur scaferlati –appelé aussi « gros cul »

J’ai vu une copine actrice de 68 fumer comme un pompier ses gauloises vertes de peur –

de peur de se sentir vide sans richesse intérieure

J’ai vu l’amérindien polir la feuille de tabac sur sa cuisse puis la couper à la machette et en faire une petite boule à conserver entre ses dents – quand il crachait c’était tout noir comme le soleil de Nerval

La pipe de Guillaume Apollinaire était d’écume – de ces pipes qu’on fume en levant son front chantait Brassens l’homme aux multiples bouffardes posées sur leur râtelier

J’ai sous les yeux l’image de la plus célèbre pipe de l’histoire de la peinture et pourtant ceci n’est pas une pipe écrivit au-dessous d’une écriture impeccable René Magritte

Mon écrit peut maintenant comme l’âme qui s’échappe des défunts finir en fumée…

manuscrit
20/04/2020
08h15

LES OCCUPATIONS D’UN CONFINÉ HILARE

(avec l’aide de ses dieux lares)





1 Mettre des moustaches à la Joconde (déjà fait)

2 Dire merdre au père Ubu (déjà dit)

3 Écrire les mémoires inachevés (sic) du général Duconneau (plus rare mais déjà réalisé)

4  Pratiquer le monologue intérieur en imaginant être Ulysse coincé dans la caverne du Cyclope Corona

(Personne ne s’y est encore essayé)

5 Réapprendre par cœur son poème préféré de la classe de 6° le bonheur est dans le pré cours y vite (bis)

(mais n’oublie ton arrestation- lapsus calami – de sortie)

6  Manger son chien quand il ne reste plus rien au garde-manger puis le siffler pour lui jeter son nonos préféré (une idée d’un poète belge facétieux)

Refaire l’inventaire à la Prévert en recyclant cortège, la pèche à la baleine et le raton laveur.

(beaucoup plus rare on peut aussi recopier cette cogitation de Frère Jacques « folisophe improvisé » et la coller comme magnet sur son frigo : De l’hilarité de la vérité cloîtrée (sic)  momentanément au fond d’un puits cartésien)





la suite au prochain numéro mais





1 il faut retrouver les auteurs iconoclastes suggérés de 1 à 6 : 1,2,5 : facile. 4 : c’est écrit. 6 Ce n’est pas Michaux, c’est N. 3 un poète (1919-2011) des plus drôles connu par l’immense minorité des praticiens obstinés de poésie. Prix spécial « Corona » à celle ou celui qui donnera son nom.





2 et comme d’habitude nous publierons ici, les occupations personnelles des lectrices et lecteurs bienveillants, en temps de Corona.

BROUILLONS BOUILLONS D’ÉTERNITÉ

TEXTE MANUSCRIT
tel quel




Je ne fais jamais de brouillon mais ce texte qui s’écrit sans foi ni loi ne viendra peut-être jamais au jour. S’il apparaît quelque part, en numérique immédiatement, ou plus tardivement, et de manière bien plus rare, sur la page d’un livre, ça voudra dire qu’à partir de ce texte qui n’est pas un brouillon, mais une ébauche, une esquisse et même parfois, « tel quel » le texte sorti du premier jet…ça signifiera que le texte a été revu, recopié, transféré des doigts sur le stylo aux doigts sur le clavier du traitement de texte.

Brouillon, bouillon de culture, comme le titre d’une célèbre émission de télé.

Brouillon pour bouillon, je préfère le Bouillon Racine.

C’est toute une histoire d’Art déco et d’os à moelle.

C’est toute une rue qui se termine avant la place du théâtre de l’Odéon,

par la Librairie-Galerie Racine qui édita Une minute d’Éternité.

La photo ci-dessous en fait foi.

Décidément depuis que les brouillons fétiches d’écrivains ont disparu…tout est permis !

L’AMOUR DE LA POÉSIE AU TEMPS DU CORONA





ça a toujours kèkchose d’estrème un poème

Raymond Queneau





il y a quinze ans que jour après jour

j’enchaîne des poèmes certains et incertains

sur un blog que j’ai intitulé à tout hasard

poesiemodedemploi

https://wordpress.com/view/poesiemodedemploi.home.blog

et voilà qu’aujourd’hui de trois sources à la fois

on me sollicite pour un échange communautaire

de poésie garantie sans virus (sic)

pour échapper au corona on aura tout essayé

que j’me dis

après « l’orage cytokinique »

cet emballement du système immunitaire

qui met à quia les pôvs patients

voilà l’averse poétique

qui doit au contraire nous éloigner

de la viralité mortifère

bon voilà il est fait mon poème

que personne ne lira





jean jacques dorio  17/04/2020

QUAND LIRE C’EST FAIRE

Mes fantaisies naissent de presque rien…un grain de poussière sur la toile suffisait à Miró…pour Dorio c’est un mot issu du dernier rêve…d’un livre sous les yeux… ou d’une conversation d’hier au téléphone ou par courrier électronique…le plaisir de vive voix étant asteure interdit…c’est la période du virus dit corona ou covid19…qui dévaste la planète et confine ses habitants…Faites seulement faites…j’ai cette formule dans la tête…et la voilà au bout de la plume qui trace cette page…une fois n’est pas coutume je l’ai écrite comme un éclair…je vous fais sa photo…vous jugerez par vous-même…mais faites donc…no más disent les latinos à tout moment…et au Pérou c’est le familier no masito…et par le fait…cette nuit pour toi lecteur et toi lectrice…qui aurez suivi jusqu’au bout cette fantaisie…je vais transformer la célèbre formule quand dire c’est faire…en quand lire c’est faire…à toi d’en placer une maintenant…d’ouvrir ta page…et de faire disparaître celle-là…





18/04/2020 02h47

la page écrite
à la vitesse de l’éclair