MA VIE TOUT UN POÈME



Pour et avec Claude Brugeilles

J’allais Je m’en allais Dans l’allée d’un passé
Remontant le futur Avec chapeau et canne
Bleu soutenant ma veste mes yeux la fumée
de ma pipe Nom d’une pipe en bois de cèdre
Du Liban  de l’Atlas Cedrus brevifolia
Cèdre de l’Himalaya Oh ! là là là là

J’allais Je m’en allais Dans ma tête espiègle
Des chouettes et des hiboux Des femmes à tête d’aigle
Fantasmes et fantaisies Images fantastiques
Humour des interludes qu’on prend en pleine tronche
Caprices et ritournelles face à ce qui nous ronge

Un peu funambulesque Musant avec les Dieux
Des sauts à l’élastique Des boules de cristal
De Bobo de Bohème Ma vie tout un poème

Martigues 31 octobre 2022

ma voix tout un poème

FANTAISIES ANACHRONIQUES

(notre vie étant si peu chronologique, interférant tant d’anachronismes dans la suite des jours) Marcel Proust





Je me souviens de Toto Laricot

et de Tata « La Risa« 

Je me souviens de la pipe de Magritte

et de celle du pape Pipu

Je me souviens de Marguerite Yourcenar

et de son Oeuvre au noir

Je me souviens de la Sardine qui a bouché le Vieux Port

et des enfants du Pirée

Je me souviens de Nicolas de Staël

du marteau et de la faucille des Stals

Je me souviens des pâtés d’encre sur le journal

qui protégeait la table de la cuisine

où je faisais mes devoirs d'écolier

et des saucisses qui pendaient au plafond

Je me souviens du petit loup percé d’une plume

et des Amours jaunes de Tristan

Je me souviens de la pèche à la baleine

et de tes beaux yeux bleus tu sais





Je me souviens de toi qui ne se souviens plus de rien

DIRE 1

DIRE 2

J’AI VU PRÉVERT FUMER SON PETIT NINAS





J’ai vu Prévert fumer son petit ninas et Ferré ses celtiques

Moi qui ne suis rien j’ai fumé le havane – Monte Cristo n°3 – et la pipe de bruyère en fleur

J’ai vu les paysans de mon village faire une pause dans les champs et ouvrir religieusement

leur blague à tabac sortir le papier Job pour y rouler leur scaferlati –appelé aussi « gros cul »

J’ai vu une copine actrice de 68 fumer comme un pompier ses gauloises vertes de peur –

de peur de se sentir vide sans richesse intérieure

J’ai vu l’amérindien polir la feuille de tabac sur sa cuisse puis la couper à la machette et en faire une petite boule à conserver entre ses dents – quand il crachait c’était tout noir comme le soleil de Nerval

La pipe de Guillaume Apollinaire était d’écume – de ces pipes qu’on fume en levant son front chantait Brassens l’homme aux multiples bouffardes posées sur leur râtelier

J’ai sous les yeux l’image de la plus célèbre pipe de l’histoire de la peinture et pourtant ceci n’est pas une pipe écrivit au-dessous d’une écriture impeccable René Magritte

Mon écrit peut maintenant comme l’âme qui s’échappe des défunts finir en fumée…

manuscrit
20/04/2020
08h15