Je me réveille avec le vent qui souffle par rafales sur la Grande Grise Dernière page d'un carnet J’y ai noté mes lectures présentes… mes variétés L’une parle de théâtre un homme traverse un espace en silence tandis qu’on le regarde L’autre livre est l’anthologie de la Pléiade de la poésie XX° siècle – Du troisième dont je n’ai pas tous les éléments de compréhension je fais mon miel du matin phrase par phrase entre visible et invisible Le quatrième bouquin est une fiction policière sur le meurtre d’une éminente psychanalyste Quant au cinquième livre je ne peux l’inscrire ici car le carnet est maintenant recouvert de toutes ses tuiles : un toit tranquille pour tenter de résister au vent fou qui passe là-bas sur la mer
JE SUIS (68° SUITE)
Je suis une fin et un commencement
Je suis un alchimiste et un mystagogue
Soy un fantasma carne y hueso
Je suis monsieur K. et madame Nostalgie
Je suis la pente qui remonte vers le futur
la Pantomime
Je suis l'arpenteur et l'art de Marx
tendance fratelli Groucho's
Fabliaux sur le parvis
Poèmes in folio
Mon dictionnaire de rimes
Ne connaît pas Dorio


BIVOUACS
BIVOUACS
Une entrée paradoxale dans ce livre unique écrit par Jean-Pierre Dartigues, est cette citation extraite de 93 de Victor Hugo : « un immense bivouac d’esprits sur un versant d’abîme. « (pendant un épisode de la Révolution).
Antoine Meaupertus, narrateur de ce récit froid et hallucinant, nous promène dans une France qui permettait à certains réfractaires de refuser la tenue militaire pour endosser celle de coopérants.
D’abord l’Afrique, Kouranga : « Dans ses rues trop peuplées défilaient camionnettes d’importation et enfants déjà soldats. Il assistait pendant quelques heures aux préparatifs d’une singulière équipée, inédite pour lui, né après toute guerre : repousser une frontière. »
Ensuite les Balkans, Tristine : « Dans des villes à monastère, au cours de leurs visites, ils assistaient à des messes hypnotiques, encens et chants mêlés. »
Et tout au long de ce récit qui oscille entre descriptions de circonstances et langage à l’état pur, nous vivons, c’est l’essentiel , « l’ardente attirance », de deux êtres, à « la matière irrespectable. »
Ils se marient, ils se séparent, ils se retrouvent dans les pays d’Afrique et des Balkans. Elle lit, il écrit, elle lui écrit. Et puis la vie en ce qu’elle a de plus cruel, ces promesses de l’aube non tenues, les convoque en une étrange interrogation : « Si on ne meurt pas, qu’est-ce qu’on devient ? »
Le lecteur, jamais satisfait que je suis, est à la fois enchanté et perplexe. D’où les lectures successives de Bivouacs que je fais, va-et-vient de la navette du métier de vivre avec le mourir.
Lectures auxquelles je convie tout lecteur qui n’aime pas la débauche de livres inutiles sur l’étal des librairies, mais bien au contraire, les voix qui vibrent dans la forêt de papier des Illuminations.
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Jean Jacques Dorio
Martigues jour de Noël 2025
L’ÂME DES MOTS
Le corps des mots
Lames de mers
Le tambour des saisons
Une infime trémulation
L’écriture en rage
Les pubescences d’or
La flamme d’une chandelle
Une voix sans personne
Une ardente patience
L’écume des nuits
La voie lactée
Du miel aux cendres
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( Comme pour les alliances mystérieuses
nous attendons une suite à partager)
UN PETIT LÉZARD
Pour Alice qui me l’a demandé
Un petit lézard est venu
par hasard sur ma page
-Lézard que veux- tu ?
-Qu’on parle de moi
Comme un petit roi
Des lettres et des arts.
-Bien voilà c’est fait.
Lors le lézardet satisfait
me donne trois écailles
Et s’en va se cacher
Dans la paille d’une étable
À côté du Nouveau Né.
Martigues nuit du 24 au 25 décembre 2025