ON N’EST PAS SÉRIEUX





On n’est pas sérieux

quand on a sept fois dix ans

et que l’on aligne encor

des vers de mirliton





dans son lit entre deux sommes

sur son rocher anglo-normand

du haut de son cimetière marin

ou au ras des flots de la plage de la Corniche





On n’est pas sérieux

au milieu de la forêt obscure

de la vie d’un innocent gribouilleur

qui passe ses nuits à noircir de la copie





mais qui au matin

se retrouve marri

devant sa page blanche


	

SÉRIEUX DOUTES SUR LA FAMEUSE MADELEINE





dédié à la famille Bellatorre





Un certain romancier

m’a conseillé

de ne pas parler

une madeleine dans la bouche





Mais un fin lettré

qui avait lu la Recherche

de A à Z

m’a affirmé mordicus

que la madeleine de Monsieur Proust

était en réalité une navette





Drôle de vie la vie d’un écrivain

manuscrit premier goût
avec hypnographies Dorio
sur fond d’un grand labyrinthe
(détails)

UNE GAGEURE DE TORTUE

 
 
   
 Le blog me tient
 Je tiens le blog
 Une gageure de tortue
 Qui trace jour après jour
 Son chemin inconnu
  
 Le lièvre me dit-on
 est toujours dans son startinblog
 à mâchonner sa feuille de route
  
 Je faramine
 Il procrastine
  
  
  
   




Le blog me tient

Je tiens le blog

Une gageure de tortue

Qui trace jour après jour

Son chemin inconnu





Le lièvre me dit-on

est toujours dans ses startin-blogs

à mâchonner sa feuille de route





Je faramine

Il procrastine

manuscrit avec hypnographies
arrière-plan dessin labyrinthe blanc sur noir
Dorio

LE RESTE C’EST ZÉRO

manuscrit premier jet
dessin et hypnographies Dorio
+
citation Jean Giono
 
 
 
 
 

 Voilà l’objet
 La belle carte bleue
 Comme une orange
  
 Voilà les mots
 Qu’on ne sait
 Sur quel pied danser
  
 Voilà les signes
 Caractères noirs
 De mes hypnographies
 Et ce petit bonhomme orange 
 Que j’ai dessiné sur un prospectus
 Du MUCEM
 Après avoir visité
 l’expo Giono
  
 Seul compte 
 Ce que j’ai écrit
 Le reste
 C’est zéro
  
 Mais zéro 
 Mon cher Jean le Bleu
 C’est zefiro
 le petit vent léger
 qui porte le lamento 
 de l’infante
 qui nous fit tant rire
 puis tant pleurer
  
  
 italiques Jean Giono
   




Voilà l’objet

La belle carte bleue

Comme une orange





Voilà les mots

Qu’on ne sait

Sur quel pied danser





Voilà les signes

Caractères noirs

De mes hypnographies

Et ce petit bonhomme orange

Que j’ai dessiné sur un prospectus

Du MUCEM

Après avoir visité

l’expo Giono





Seul compte

Ce que j’ai écrit

Le reste

C’est zéro





Mais zéro

Mon cher Jean le Bleu

C’est zefiro

le petit vent léger

qui porte le lamento

de l’infante

qui nous fit tant rire

puis tant pleurer