AVANT LE PREMIER MOT LE POÈME EST ÉCRIT





Avant le premier mot le poème est écrit

Il a tourné ta langue t’a donné l’impulsion

Dans une tête vide Sans aucun des feuillets

qui composent un livre – paradoxe insolite





(Maintenant tu les comptes Tes quatre alexandrins

ont fait 8+10+8+6 trent’deux)





Paradoxe insolent tu fais de ta tortue

la témoin attentive de toutes tes battues

Batucadas impromptues près du fleuve Amazone

La tortue à l’époque s’appelait Morocoy

Elle servait de siège aux indiens fatigués

D’avoir passé la nuit en chants hallucinés





Ce poème aux cent mots il faut vite l’oublier


	

JE SUIS COMME JE SUIS UN AUTRE MON SEMBLABLE





Je suis comme je suis Juliette chantant Prévert

Je suis comme je suis ce maître chinois rêvant d’un papillon

Je suis comme je suis le scribe intégrant toutes les langues de Babel

Je suis comme je suis le singe grammairien sautant sur les sonnets du Rien

Je suis comme je suis l’adolescence Clémentine

Je suis comme je suis le propre et le figuré

Je suis comme je suis la voix de Schéhérazade

Je suis comme je suis le papillon qui rêve de Tchouang Tseu

Je suis comme je suis l’artiste dramatique assis sur son petit banc de tortue morocoy

qui dicte ses derniers mots à la mer de tous les récits





9 juin 2020 01h06

UNE GAGEURE DE TORTUE

 
 
   
 Le blog me tient
 Je tiens le blog
 Une gageure de tortue
 Qui trace jour après jour
 Son chemin inconnu
  
 Le lièvre me dit-on
 est toujours dans son startinblog
 à mâchonner sa feuille de route
  
 Je faramine
 Il procrastine
  
  
  
   




Le blog me tient

Je tiens le blog

Une gageure de tortue

Qui trace jour après jour

Son chemin inconnu





Le lièvre me dit-on

est toujours dans ses startin-blogs

à mâchonner sa feuille de route





Je faramine

Il procrastine

manuscrit avec hypnographies
arrière-plan dessin labyrinthe blanc sur noir
Dorio