ÉCRITURE CACHÉE





À mesure que tu lis les images

et leurs grands reflets

tu dois chercher leur écriture cachée





Dans le moindre poème

ou sur la scène d’un drame

où parlent d’étranges personnages





À mesure que tu parcours

le flot d’un texte

dur comme grains de sable

doux comme des larmes





À mesure que le serpent d’étoiles

cède le ciel

à l’aurore des paroles

qu’il faut apprendre à partager





avec et sans les mots









italiques Jean Giono

SUR LE FLEUVE DE L’OUBLI ET DES RÉMINISCENCES JE PARCOURS MES IDENTITÉS





Si par une nuit d’hiver, nous promenant dans nos paradis sans paradis,

nous donnons le change sur le luth désaccordé de notre étoile morte.

En naviguant jusqu’à la fin, sur le fleuve de l’oubli et des réminiscences.





Aux voyelles passées à l’as

Des enfants perdus des banlieues

Enfermés dans leur drôl’ de sas

Je laisse cette craie des murs

De la Sorbonne et de Jussieu





En cet hiver deux mille vingt

Je JJ Dorio ci-gît

Aile arrachée pigeon berzingue

Picorant mes pages d’argile

Sur les maux de la société





Je par ci Je par là Je co

Gite Je suis René Descartes

Je m’enflamme Je mets le feu

Aux fausses lettres et au paraître

En proclamant Je est un autre





Je m’appelle Einstein on the beach

Je suis la chaise de Justice

Le coquillage millénaire

Dans l’oreille des poésies

Breton Soupault Bois et Charbon





Je suis le poème rêvé

Et la main en chair et en os

Qui l’engendra sur le papier

Et sur la peau du monde mort

Qui renaît sur un coup de dés





Je suis Nostalgie du présent

Scansion rythme événements

Mis à l’écart Mis en abyme

Je parcours mes identités

Lisez les recueils de poèmes présents
à Encres Vives
pour 6,10 euros
(franco de port)

COMPÈRE DORIO QU’AS-TU VU ET ENTENDU ?





J’ai entendu les cris de la tragédienne

entre les murs de la Cour d’Honneur

du palais des pages tournées par nuit de Mistral

en Avignon





J’ai vu les chèvres du mont Olympe

figées par les neiges inattendues du printemps





J’ai entendu les corbeaux croasser

sur le pog de Montségur

comment autant d’Inquisiteurs

 de la religion prétendument Catholique





J’ai vu les trois tristes tigres

déchirer les pages d’un roman

dont j’ai oublié le nom





J’ai entendu les cris des martinets

dans le long crépuscule de l’été

pendant que mon père battait sa faux

à petits coups de marteaux





J’ai vu le chien de Giacometti

qui accompagnait Mozart

à sa dernière demeure





J’ai entendu un quidam assis

sur un banc de Lisbonne

et qui chantait

Il se fait tard

de plus en plus tard*





*Antonio Tabucchi

ENTRE LÈVRES ET LIVRES





lundi d’Épiphanie





Cette nuit lèvres et livres

C’est du pareil au même

Un livre de paroles

Qui se mettent à lever

Et des lèvres en chœur

De discrets inconnus

Qui murmurent ce chant





Une ronde affairée

Qu’un livre recueillit

Notes sous la portée





Et puis les mots s’emballent

Les lèvres déchirées





Comme sur cette page

Que l’on s’apprête

À livrer

En ce jour d’Épiphanie





Le renard au cabaret de la Colombe
peinture épiphanique
détail
jean jacques dorio

LECTEURS PENDUS AU CLOU DE L’IMAGINATION





Vivre sans imaginer une vie autre

C’est vivoter

Mais l’imagination mise à toutes les sauces

Sans l’expérience de sa propre vie

C’est une voie sans issue





C’est tirer de la poudre aux moineaux

Prendre des vessies pour des lanternes

Ne pas savoir à quel clou pendre sa lampe





J’imagine qu’en disant tout cela

Je n’ai pas aidé mes dix-sept lecteurs

Qui ne sont pas tombés de la dernière pluie





Même si passant entre les gouttes

Ils ont tout loisir d’imaginer la suite

De ce commencement qui n’en finit pas