DES MOTS DES CHOSES ET DE L’ÂGE DU CAPITAINE

Compte tenu des mots

De la réalité des choses

Et de l’âge du capitaine

Des illusions des chercheurs d’or

Pour tout ce qui brille au fond de la bassine

Compte tenu des choses

De la réalité des mots

Et de la résistance

À tous ceux qui nous appellent

À disparaître en silence

SONNET INSPIRÉ PAR UNE VISION DE LA SAINTE V

Je vais encore écrire un sonnet détourné

Né de mon regard dernier sur Sainte Victoire

Un long panache de fumée l’enveloppait

Du brouillard plutôt de la brume il faut croire

En vers on ne dit pas ce que l’on dit en  prose

Dans un rêve éveillé je vois un bouquiniste

Me tendre un pavé avecque une rose

Un symbole me dis-je contre les nihilistes

Le pavé 68 la rose de Ronsard

Toujours les mêmes images mes rengaines en retard

d’une nouvelle donne d’une suite à l’Espoir

D’un monde apaisé retrouvant ses Lumières

Sillons des paysans Rencontre d’un poème

Né d’une vision  banale mais singulière

Martigues 29 janvier 2025 Site archéologique de Tholon

MOI

Moi-ci Moi-là

Moi yin Moi yang

Moi et les petits oiseaux

Un roitelet des troglodytes

Moi chérissant la mer

Dans les eaux de ma mère

Moi sur mon île déserte

Individu littéraire

Sur scène avec Didi et Gogo

En attendant le Cogito

Moî moi m’applaudissant d’une seule main

L’autre mouchant la flamme d’une chandelle

Moi au lit lisant ces fadaises

Niaiseries d’un mort fictif

Ni mort ni vif

ACCUEILLIR LES SIGNES

Du début à la fin

Il est une question :

Comment accueillir les signes

Qui rôdent autour de nous ?

On la pose aux plus sages

aux plus fous

Du nouveau-né au moribond

Et jusqu’aux disparus

qui continuent leur ronde

qui nous parlent

(on les voit)

sans que s’entende leurs voix

Du geyser qui jaillit de l’aurore des paroles

Jusqu’au gésir verbe défectif

Une vie à chercher

à se passer le mot

d’un poème à l’autre

C’est moi qui vais mourir

C’est toi qui vas m’écrire

Accueillir les derniers signes

Pour en faire des nouveaux

CRÉER SA PROPRE LANGUE

Notre vie est partie en folie partie en prudence qui n’en écrit que révèremment (avec révérence) et régulièrement, il en laisse en arrière plus de la moitié. Montaigne

UNE LANGUE

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Créer sa propre langue c’est un truc de fou ça…de fou de littérature parti en des contrées indéterminées…des années durant nourrissant en secret ses nuits de mille et une pages…qu’il brûle la journée suivante…jusqu’au jour (une nuit magique) où la langue unique et singulière prend…Lors les phrases en prose ou les antiphrases écrites en vers…prennent leur envol créant la propre langue de ce forçat d’une écriture…qui bat et rebat les cartes d’un je multiple…jugé par les premiers critiques qui n’ont jamais lu rien de tel…de folie pure…

Rien n’était écrit

Un livre en cours

JJ Dorio 2025