FOL et FOLLE

Tu es folle comme une image brisée par le cinéma muet s’emparant d’une œuvre littéraire noire

Je suis sage comme le fol du théâtre du Globe  près de Tamise qui tamisait les mots pour dépister le démon et tuer la vermine

Puis dans nos univers parallèles il est une heure exquise où nous échangeons nos folies puisées dans le docteur Mabuse et le roi Lear

Fous de théâtre de cinéma et de la formule des conteurs traditionnels de Majorque : aixo era y non era, il était une fois et il n’était pas…

FIGURANT ÉPHÉMÈRE

Je vois des mots en m’endormant

Une silhouette parlante les agite sous mes yeux qui se ferment

Cette nuit il me semble distinguer cinéma, cambrioleur de rêves, ours blanc,

Je me dis qu’il faudra m’en souvenir quand je rouvrirai les yeux après un premier somme

Mais au premier éveil tout semble s’être effacé

Qu’importe j’improvise mais cette fois un stylo à la main :

Figurant éphémère, tête d’or, Icare,

De quoi nourrir l’imaginaire d’un souffleur de vers qui en fera un court poème

Un figurant éphémère
Une tête d'or
Icare et son vol de mort

L’INSTINCT DE POÉSIE

J’entends le vent du sud avec de fortes ailes

Un poème dans la nuit fait un geste

Je ne me suis jamais dit poète mais j’ai gardé l’instinct de poésie en consacrant au moins un instant quotidien à l’écriture d’un poème

Je suis chaque fois, comme à présent, au pied du mur, au bord du vide, cherchant voie et voix, rimes et rythme, me  remémorant certains vers appris par cœur depuis l’école communale

Attendant, hésitant, puis lâchant les chiens sur les traces d’une ballade, d’un sonnet ou d’une forme indéterminée que j’abandonne  à la fin sur le papier, puis sur le blog, de guerre lasse

ÉCRIRE AVEC 7 ÉNERGUMÈNES DE L’ESPÈCE FABULATRICE

100

Avec George Perec

« Laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes ». Signé Perec, que l’on prononce Pérec le nom du père, juif polonais, mort en 40, quand Georges dit Jojo, avait quatre ans. Deux ans plus tard sa maman le met dans un train pour lui sauver la peau. Mais la sienne, celle de Cyrla Perec née Szulewicz, finit à Auschwitz la Maudite. « Arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse ». Souriant, volontiers déconneur (un mot d’époque), joueur de Go et d’Oulipo. Mais avant tout, « touchant ». Sa page des sports signée W, masquant l’horreur des camps et de « l’Histoire avec sa grande H » : son expression sublime, fatidique, à lire « littéralement et dans tous les sens ». Je me souviens d’avoir récrit à ma manière, les 480 entrées de Je me souviens, que lui-même avait emprunté à Joe Brainard, artiste new yorkais (I remember). Je me souviens que le jour de sa disparition, le 3 mars 1982, des petites manines flottaient dans mon jardin comme au début d’Amarcord et que mes filles encore enfants sautaient pour essayer de les attraper.

RIEN N’ÉTAIT ÉCRIT

Travail en cours

JJ Dorio

LE SONGE D’UNE NUIT D’HIVER

Je chausse des bottes de sept lieues

Je passe d’un bond de l’Europe vers les Amériques

J’entre à la Maison Blanche et j’arrache la perruque de Blondinet

Les renards qui mangeaient dans sa main se transforment en coyotes hurlant à la trahison

Puis la Maison Blanche passe au rouge dans un incendie digne de la Cité des Anges

La promesse d’une nouvelle Amérique magique et fabuleuse

N’aura pas passé la semaine

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Le seul réconfort que je trouve dans cette période sombre, c’est la conviction que Trump sera incapable de réaliser ce qu’il a promis aux Américains. Les États-Unis sont un pays riche où trop de gens sont pauvres. L’accès au système de santé y est difficile, tout comme celui à une éducation de qualité. Chaque jour des millions de personnes redoutent les factures de l’assurance, du téléphone, des transports. Et Trump ne résoudra rien de cela. La question est de savoir si dans quatre ans le peuple américain cessera pour autant de croire à son récit, s‘il en viendra à comprendre qu’il n’a aucun sens.

Joseph Stiglitz (Prix Nobel d’Économie)