CLAUDE BRUGEILLES FAIT SIGNES

Une page envoyée d’un recueil en chantier : OEILLADES

Ailes trempées
dans l'encre du ciel
les hirondelles plein soleil
les pipistrelles
pleine lune
donnent à voir
la cryptographie 
éphémère trace
d'une chorégraphies

Claude Brugeilles

À 70 ans je peux enfin me laisser aller 
aux mouvements de mon cœur
CONG XIN SUOYU ER BU YU JU
Sans plus enfreindre aucune règle

Confucius 

MA VIE TOUT UN POÈME



Pour et avec Claude Brugeilles

J’allais Je m’en allais Dans l’allée d’un passé
Remontant le futur Avec chapeau et canne
Bleu soutenant ma veste mes yeux la fumée
de ma pipe Nom d’une pipe en bois de cèdre
Du Liban  de l’Atlas Cedrus brevifolia
Cèdre de l’Himalaya Oh ! là là là là

J’allais Je m’en allais Dans ma tête espiègle
Des chouettes et des hiboux Des femmes à tête d’aigle
Fantasmes et fantaisies Images fantastiques
Humour des interludes qu’on prend en pleine tronche
Caprices et ritournelles face à ce qui nous ronge

Un peu funambulesque Musant avec les Dieux
Des sauts à l’élastique Des boules de cristal
De Bobo de Bohème Ma vie tout un poème

Martigues 31 octobre 2022

ma voix tout un poème

ACCENTS RESTÉS DANS LA VOIX D’AUTRUI





Petit nuage en pantalon

Avec mes pleurs engloutis

Au fond des pages

 Claude Brugeilles

(Passe mots)

Editions La Découvrance (2016)





à Claude Brugeilles





Ni fleurs du mal

Ni fleurs du bien

Mais ces quelques lettres au vent de la nuit

Que je partage avec quelques vivants

Mais une infinité de disparus





Le stylo trace ses lignes

Apparemment sans but

Tel un tisonnier

avec lequel on fouaille ses cendres

et ses mots clés :





miettes, fragments, poussière, imagination,

accents restés dans la voix d’autrui*…





Assis devant un livre que je feuillette

Regardant les lumières des bateaux

Sur la passe maritime

Écoutant un raga de nuit





Ni fleurs ni couronne

Mais l’amour des figures

Que tisse la poésie





*Antonio Tabucchi

Il se fait tard de plus en plus tard

Claude Brugeilles
Aucune encre noire épure
hormis celle des cyprès et des nuits
ne confine au reposoir
l’écriture des neiges
C.B.

MARACAÏBO





Louis Brauquier qui fit retraite

à Saint Mitre-les-Remparts

se souvenait un soir de Maracaïbo

où je ne suis jamais allé de mon vivant





Son poème de mauvaise mémoire

permet d’affirmer à contrario

à Dorio

qu’il passa un soir à Maracaïbo





Il y écrivit d’ailleurs

face au champ de pétrole

un poème mineur

recopié ci-bas

que Brugeilles illustra

*

Une mer alitée

Il fallait voir ses cendres

Violets d’encres noirs





Des oiseaux se baignaient

Aux embruns de pétrole

Cris hideux ébarbulés





Fourbu le soleil

Se laissait mourir

Assis sur un derrick





Itinéraires

Edité par P.J. Oswald

1975





Claude Brugeilles
graphisme d’une nuit
moulin de Jézeau
(hautes pyrénées)
1975