À QUOI ÇA RIME





chanson









À quoi ça rime

Ça rime à quoi

T a r a t a t a

N’en parlons pas

Un peu de rhum

Un coup de gomme

T u r l u t u t u

N’en parlons plus





À quoi ça rime

Ton vœu têtu

Où tu t’escrimes

En tes battues

Le chant du coq

K i r i k i k i

T o r l o t o t o

Du père Hugo

À quoi ça rime
Ça rime à quoi
Taratata
N'en parlons pas
Puis nuit déjà
Tout est fini
Le spleen lanlère
De Baudelaire












à quoi ça rime
coup de pinceau
jj dorio

L’HOMME EST D’ARGILE

 
J’ai eu la bougeotte  – qui ne l’a pas eue ? –
manque de jugeote c’est coutumes et us -         
Je me suis posé – surtout pas Assis – 
une façon d’oser affronter ses chimères
et monstres, chevaux échappés…
Notant leurs méandres les enregistrant   
 
Et ensuite que faire de mes inepties, mes folles manières :
les livrer aux psys ?   
Surtout pas sœurette, car tenir sa plume
C’est la tête en fête, la sortie de soi à moindre frais.
      
C’est tenir ce rôle où s’enregistre sur papier blanc
ce qui nous traverse l’esprit 
Chaque jour fabulant inventant nouvelles fantaisies
Pour voir un peu, chemin faisant,
lesquelles il faut suivre et lesquelles écarter
lesquelles croire et lesquelles déprécier.
   
Et vous lecteurs infidèles c’est ainsi que vous êtes ?
C’est ainsi que vous battez le sable sous le pavé ?
Que vous vous mouvez entre la bouteille et le jambon ?
Un peu d’humour que diable !
Si vous ne voulez pas être l'âne de Buridan au comble de l’irrésolution
le dindon de la fable !   

Et vive la diversité et à chacun ses bonnes rencontres
Homme approximatif comme écrivit Dada
Ni charbonnier ni libertin ni bel ara
L’homme est d’argile
Et que souffle la liberté !
 
 

* mettre en rôle: expression de la langue judiciaire; 
chez Montaigne c’est « écrire », « enrouler » ses pensées
dans leur désordre natif.
L’HOMME EST D’ARGILE : sentence écrite en grec
sur la poutre de « la librairie » de Michel de Montaigne
 

FANTAISIES IMMÉMORIALES

 


FANTAISIES IMMÉMORIALES
un POURQUOI J’ÉCRIS auquel je ne peux répondre qu’en écrivant,
différant sans cesse l’instant même où, cessant d’écrire,
cette image deviendrait visible,
comme un puzzle inexorablement achevé.
                             Georges Pérec     
 
Le projet de laisser par écrit, - on ne sait trop quoi en définitive –
au départ les éléments d’une biographie singulière
 - qu’on le veuille ou non – sans trop de précaution,
mais quand même, avec lenteur, en choisissant ses mots,
non sans quelque méprise, … ce projet-là, pour l’essentiel,
nous met en mouvement, nous occupe, nous libère.
Cependant que les recherches se font dans les papiers
accumulés un demi-siècle durant, sur le disque dur de l’ordinateur,
les clés USB…et le reste.
La pauvreté et l’innocence du corps du monde,
des lettres reçues des peu d’ami.e.s réel.le.s qui me restent.
Le passage de témoins pour la commodité particulière de mes deux filles,
quand elles m’auront « perdu »,
un peu comme blaguait l’illustre châtelain de Montaigne
s’adressant aux lecteurs intimes, et infimes croyait-il,
de ses Essais.
Car, disons, ce soir particulier,
un samedi d'octobre de l’an deux mille dix-neuf,
l’histoire de ma vie n’existe pas.
Nous l’appellerons fantaisies immémoriales.
Avec une partie adressée à la femme
qui a partagé le meilleur de nos vies :
- Je te parle chaque jour depuis le rocher de ma pointe noire,
réactivant nos mémoires anciennes,
car la proche s’est effacée, irrémédiablement.