CORONA (un dictionnaire à part moi)

CORONA

Depuis le Corona personne plus je ne côtoie, plus de supermarchés, plus de balades sur ma plage préférée, plus de poste où je vais peser mon courrier. Ma fille vivant sur la colline voisine me fournit en fruits et légumes qui viennent de paysans de Croix Sainte – un quartier des Martigues –, en daurades et en loups qu’ont apportés les pêcheurs des « petits métiers », en bonnes miches du boulanger.

Ma fille de New-York où frappe la pandémie me raconte ses cours où s’affichent ses élèves du Lycée Français. Le ouikend on joue ensemble au scrabble sur une application qui compte les points et les secondes, micros ouverts nous devisons de ses travaux sur les épistoliers du XVIe, de mes poèmes en construction et j’entends toujours au moins une fois les sirènes des pompiers de Manhattan. 

C’est bien d’avoir des filles, à qui l’on a « donné », Alain Caillé appelle ça très justement : extensions du domaine du don. Et pour le reste alors pendant le Corona, le reste ?

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QUI VA LÀ ?



Qui va là ?
Une volée de corbeaux
Autour de l’église de Combray

Qui va là ?
Un bébé de sept jours
Que l’on promène pour la première fois
à Tompkins Square à Manhattan 

	Qui va là ?
Un enfant de sept ans
Qui monte à l’arbre pleins d’épines
Pour dénicher des pies

Qui va là ?
Un vieil habitué des nuits blanches
Qui par essais successifs
Cherche sur le papier
Un instant d’éternité