LA PORTE DE MA MAISON D’ENFANCE

Cette rue qui longeait la rivière 
Je ne l’emprunterai plus
Et la porte de ma maison d’enfance
Que nécessité me força à mettre en vente
N’est plus qu'un panneau de bois dur
Fermé pour moi à jamais
 
Mais je laisse là les souvenirs sans suite

J’ouvre la fenêtre et laisse entrer quelques instants
la fraîcheur sur la passe maritime 
d’une première nuit de septembre
 
Un poème nouveau m’attend
dans la discontinuité essentielle
et son essai de recomposition
 
L'éclair d’un geste 
Qui ouvre sans le vouloir
La porte de ce poème
Comme un éventail



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C’EST QUOI L’ÉTERNITÉ

instantané écrit « tel quel »




sept septembre

-elle est retrouvée 
-quoi ? – l’éternité
c’est la mer allée
avec le soleil

Rimbaud

toujours du même poste
assis sur un tapis d’aiguilles de pin
en surplomb de la mer
donnant sur la passe
avec en vigie le Fort de Bouc

toujours dans cet exercice de tentative
d’oubli du « je »

je vois pourtant pour la première fois
le bateau des marins-pompiers 
faire une manœuvre au large
envoyant un jet irisé par le soleil
en allé dans mare nostrum

l’éternité selon Rimbaud
et Bébel alias Pierrot le Fou
dont le dernier bâton de dynamite
vient d’exploser son crâne

fip jazz
Michel Godard
Princess Song