FINISSEUR





Loin de la tête de course, ma vie durant, n’ayant jamais fait le forcing pour obtenir le premier poste, me voilà, vers la fin, athlète inconnu, mobilisant comme, jamais, mes ressources d’expression et d’énergie, pour terminer, au mieux, et de manière inespérée, « la compétition ». (un terme qui n’a jamais appartenu à mon vocabulaire).

Mais pour le reste, je ne crois pas, que vous vous me voyiez sur la photo d’arrivée.

Quand on a fait l’expérience du malheur, nul besoin de croire aux miracles.

(Un dictionnaire à part moi) 
recueil en cours

Y A PAS PHOTO

ce dimanche 5 avril
16h04

Un dimanche particulier alors que la plupart des gens ont ordre de rester chez eux Chez moi – c’était chez nous avant que le cancer détruise ma moitié – Chez nous tout à côté tout au-dessus il y a un bois et des chemins dans la garrigue Une géographie secrète et prolixe pour les promeneurs solitaires ou à deux Sur la photo on voit une zone sans arbres Ils ont brûlé l’été 1996 juste après notre installation dans la bastide de nos rêves J’écris assis sur un petit pin horizontal déraciné Un petit air frais agréable Sur l’ordinateur en bas j’ai laissé en plan le début d’une lettre dans laquelle j’évoque mon correspondant de la nuit Il écrivait à sa Sophie à lui depuis un lieu fréquenté par les créateurs de littérature de l’époque C’était en 1760  et l’endroit s’appelait La Chevrette Ce long sms je le dédie à Josiane Dorio et à Denis Diderot que je réunis ici