
J’écris pile poil après minuit le poème du jour présent Sauf si je prolonge un premier somme et que mon texte se fera alors autour de minuit
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

J’écris pile poil après minuit le poème du jour présent Sauf si je prolonge un premier somme et que mon texte se fera alors autour de minuit
Les cloches sonnent sans raison
Et nous aussi…
Tzara (L’homme approximatif)
Poème piano
c’est idiot
mais c’est ainsi
Il fleurit
au fur et à mesure
de l’écoute
d’une pièce jazzée
qui secoue le clavier
Les sons et les mots
se touchent
On ne sait
où s’arrêter
On ne sait pourquoi
le jeu de piano
produit ces fééries
Cordes frappées
Marteau sans maître
Crevant la raison
Posée sur le piano
Fume une Craven A
Ça date
Ça coule
et ça syncope
Un pur régal
Signifiant
Ce moment-ci
Qui sonne sans raison…
et Nous aussi
UN DICTIONNAIRE À PART SOI
CHOIX
Si je devais choisir entre La flagellation de Piero (della Francesca) et Guernica de Picasso (Pablo Ruiz), il n’y aurait pas photo. Seule la première œuvre pourrait entrer dans mon deux pièces.
CLIGNOTANT
Je lis sur mon livre actuel de chevet qu’un moniteur d’auto-école hurlait à son élève à chaque tournant « la flèche monsieur, la flèche ! ». Je me souviens alors que cette flèche ou plutôt le clignotant fut cause de mon échec, le seul il est vrai, à obtenir « mon permis. » C’était dans la bonne ville d’Auch, où je vécus trois ans à l’école normale d’instituteurs. L’examinateur me fit arrêter sur un espace à ma droite, mais quand je redémarrai, j’oubliai tout bonnement, mon clignotant du côté droit. Comble d’ironie, l’auteur du passage du livre qui m’a rappelé ce récit, ajoute que dans ces années-là, « La Flèche » était un « journal de gauche, mais intelligent » (sic).
RETROUVER
À la gare Saint Lazare, « salle des pas perdus », j’ai retrouvé l’exemplaire de la Recherche, que je croyais avoir égaré dans la cour de la Sorbonne. C’est ce qu’un critique littéraire fort connu aurait appelé « donner de la fiction à la réalité ».
PIANO
Je m’y mets chaque jour, et plutôt deux fois qu’une. À proprement parler, je ne sais pas lire la musique. Mais je sais plaquer les accords des chansons, ou de petites pièces jazzy, que j’ai transposés à partir de ceux appris sur ma guitare. J’improvise, je fais plus ou moins de bruit, et ne casse les oreilles de personne, les photos qui m’entourent faisant seules office de spectateurs. Mais je prends du plaisir et grâce à Philippe Bruguière, du Petit Mas, j’ai pu faire le saut de mon piano à son studio, et enregistrer trois cd signés Jean Jacques Dorio.
