L’HEURE DES RÉMINISCENCES ET DES CONFIDENCES INVOLONTAIRES

C’est l’heure de remplir mes deux grands feuilles de nuit C’est l’heure où je dors à moitié, je bâille, je réfléchis Tu me la bailles belle, écrit cette plume qui semble avoir une idée derrière la tête À la baille ! À la baille ! crie le mono aux mômes de la Colo (moi c’était pour mes dix ans côté océan que je découvrais près d’Hossegor) C’est l’heure des réminiscences et des confidences involontaires (moi -encore- c’était sur Rémi et Colette qui venait de paraître que j’appris à lire l’alphabet en fumant « la pipe du Pape Pipu » et que je m’exerçais à écrire en cursive) Elle court elle court l’aiguille des secondes sur l’horloge de mes heures vouées à la plus haute fantaisie Colette a coupé une tulipe rouge Rémi joue avec son petit canot & La barque de Francis tire sur sa longe Allonge ! Allonge ! tes bras, tes phrases Allongeails Paperoles Citations imprévues de l’an mil que tu traduis en français d’aujourd’hui : « Bien vois que pour si haut monter N’est mise l’échelle assez haute Mais l’allonge d’amour et de mon bon vouloir Me doit aider et valoir » C’est l’heure de boucler cette variation qui vogue à présent sur l’aile d’un dictionnaire dont les mots se déploient à part moi

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

SUR LE FLEUVE DE L’OUBLI ET DES RÉMINISCENCES JE PARCOURS MES IDENTITÉS





Si par une nuit d’hiver, nous promenant dans nos paradis sans paradis,

nous donnons le change sur le luth désaccordé de notre étoile morte.

En naviguant jusqu’à la fin, sur le fleuve de l’oubli et des réminiscences.





Aux voyelles passées à l’as

Des enfants perdus des banlieues

Enfermés dans leur drôl’ de sas

Je laisse cette craie des murs

De la Sorbonne et de Jussieu





En cet hiver deux mille vingt

Je JJ Dorio ci-gît

Aile arrachée pigeon berzingue

Picorant mes pages d’argile

Sur les maux de la société





Je par ci Je par là Je co

Gite Je suis René Descartes

Je m’enflamme Je mets le feu

Aux fausses lettres et au paraître

En proclamant Je est un autre





Je m’appelle Einstein on the beach

Je suis la chaise de Justice

Le coquillage millénaire

Dans l’oreille des poésies

Breton Soupault Bois et Charbon





Je suis le poème rêvé

Et la main en chair et en os

Qui l’engendra sur le papier

Et sur la peau du monde mort

Qui renaît sur un coup de dés





Je suis Nostalgie du présent

Scansion rythme événements

Mis à l’écart Mis en abyme

Je parcours mes identités

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(franco de port)