J’ÉCRIS opus 4





J’écris sur la cendre des sons et des lettres
Qui firent le miel de mes ancêtres

J’écris en présence des archives des joutes de poésie
Où la parole sort par pression en vers et proses mêlés

J’écris  sur la corne du buffle et la peau du taureau
Sur l’argile des mythologies et l’errance des étymologies


J’écris en m’endormant sur l’herbe folle
d'un petit val qui mousse de rayons
(je ne peux m’empêcher d’y accrocher
comme un mantra ma mémoire)

J’écris au feutre noir (ou rouge c’est selon)
Sur des tracts, des circulaires, des bulletins de salaire,
Des feuilles d’analyse du sang
Sanguine joli fruit la pointe de ton sein


J’écris sur le vierge le vivace et le bel aujourd’hui
Sur lequel l’aube naissante
J’appose mon blanc-seing



Italiques Rimbaud Prévert Mallarmé





 

CE QUI NOUS TIRE SOUCI

premier jet
samedi de saint Valentin
05h26




Reste une sanguine
une encre qui s'obstine
au palimpseste du temps

Jacqueline Saint-Jean
Matière ardente
édition "Les Solicendristes"
vient de paraître





Si je vois le stylo

et ses traces sanguines

qu’il laisse

au fur et à mesure

que je le manie





Je ne sais pas

qui tient la barque

la maintenant

couci-couça





J’en perds mes noms

que je répare

tant bien que mal

et personne ne répond

à mes questions





Par exemple :

Comment se fait-il

qu’il soit si difficile

d’écrire

entre naturel et maniérisme

ce qui nous préoccupe le plus ?





Ma bien-aimée

si elle m’avait relu

m’aurait dit :

Ce qui nous tire souci









Saint Valentin

15/02/2020

05h26