TOURNER EN ROND

Je tourne en rond
Les pensées droites ou carrées
M’excuseront

Je tourne mandala
Ah ! la la
Ah ! le halo
De la lune ensoleillée
Entourant les souffrances
De la pauvre humanité

Je tourne dans la prison
De ce pauvre Guillaume
Qui se promène comme un ours
Dans une fosse de la Santé

Je tourne
Sur les bons chevaux de bois
Je suis l’enfant tout rouge
Qui a perdu sans le savoir
L’espoir de vivre libre
Dans la rumeur du soir

J’écris tournant ma plume
Dans la chair blanche d’une page
Cachée sous les pavés


DERNIÈRE PAGE D’UN BEAU CARNET

manuscrit « tel quel »




Je tourne littéralement autour de mon poème

en marchant le dictant par bouffées au secrétaire

accompagnant au troisième étage de sa tour Montaigne





Je marche dans les rues de l’île Saint Louis

comme le faisait Baudelaire

qui n’aurait imaginé aucun de ses sonnets

Assis





C’est la dernière page de ce beau carnet

dont j’ai laissé le hasard chuchoter à l’oreille

des mots choisis les yeux fermés :





le feu le sable la peau le corps le cœur

c’est ce que je t’écrivais

quand nous étions ensemble





Le rythme de nos vers fait des tours et des tours

Une mouette agite ses ailes et crie

pour éloigner ses compagnes

du trognon de pomme qu’un enfant qui me ressemble

vient de jeter dans la mer incertaine





Je ne sais trop qui m’a dicté cette dernière image

Le poème maintenant où j’ai cherché refuge

peut s’effacer





24/12/2020 7H20