BÂTONS ET LETTRES

Bâtons et lettres

Feuillets noircis

Au crayon papier

Ou à l’encre de Chine

Sur une vie mouvante

Et quelque peu

Anachronique

L’ai-je vécue

Pour la conter

Celle où on peut me confondre

Avec des personnages

Issus des romanciers ?

Je ne sais pas

Je sais

Telles toutes ces vies

Perdues en chemin

Et qui mêlent

Comme dit la formule*

Commencement

Et fin

*Ce commencement qui n’en finit pas

UNE VIE BELLE ET BONNE…

…avec et pour autrui, dans des institutions justes. Paul Ricœur

Où va la vie
La vie bonne
La vie belle
Qui ensorcelle
Elle va,
elle vient
De tes lèvres
De tes mains
À la plume
Qui trace
Des signes
Plus noirs
Que les raisins
De ta colère
J ' y vois
Des présages
Des énigmes
Des orages
Une histoire
Imprécise où
Nous avançons
Ensemble désunis
La dérive des sentiments
Un effet sûrement
Du dérèglement
Climatique
Où  va la vie
La vie légère
La vie gaie
Au fil des eaux
Au fil des nuits
J'écoute
le chant
Du rossignol
Il dit
La vie est là
La vie est là
Au bord
des mots
Ecoute et espère

Danielle Nabonne

Comme Danielle, qui rumine mes textes et poèmes quotidiens
pour en faire à sa manière,
un nouvel essai de dire l'indicible,
n'hésitez pas  lecteurs lectrices,
de rebondir et de m'adresser
vos écrits
Cet espace est fait pour les accueillir

doriojeanjacques@gmail.com
 

Gérard Fromanger au musée Estrine Saint Rémy de Provence

OÙ VA LA VIE LA FOLLE

Où va la vie la folle
Où va la vie violette
Où va la vie la dingue
Où va la vie pâquerette
Où va la vie « la » lièvre
Où va la vie la lèvre
Où va la vie qui gîte
Où va la vie furtive
Elle va où elle veut
Au bassin de radoub
À Bassan où les fous
Traversent notre corps
Elle va sur les lèvres des vivants
Où nous resterons encor quelque temps
Quand notre corps matière
Aura filé dans les étoiles
D’où nous venons

MA VIE À MOI

MA VIE À MOI à toi à tu Ma vie parlée et ma vie tue Ma vie l’esprit débordant du cadre de mes photographies (du bébé joufflu au dernier portrait que m’aurait fait Nadar allongé dans mon plumard) Ma vie rêvée l’ai-je bien fantasmée ? Ma vie d’un « je » ouvert par la littérature d’un reclus célèbre couchant sur le papier les vies de personnages de salon qui se croyaient immuables quand tout leur monde était en train de disparaître Ma vie à moi écrite en maints poèmes sur les ardoises du toit Ma vie donnée dans l’abécédaire d’un dictionnaire à part moi Ma vie du vieil homme et la mer Ma vie de Montaigne à sauts et à gambades Ma vie délibérément anachronique « vie fugitive » « vie devant soi » Ma vie de vieux muet assis dans le métro lisant le capitaine Fracasse en bande dessinée Ma vie croisant ces mots de l’auteur de la vie mode d’emploi : « Un père éternel » réponse « Lachaise » Ma vie de bâtons et de lettres disparaissant dans des cartes et feuillets noircis en secret entre soi et soi entre moi noir chevelu et moi blanc dégarni Ma vie et moi et toi ma conscience de l’instant qui vient séance tenante m’en libérer

UNE VIE ORDINAIRE en mille et un fragments

en cours d’écriture