UN DICTIONNAIRE À PART MOI : POCHE

POCHE 

Dans ma poche il y a de petits morceaux d’argile de la Goajira Une indienne au visage peint en noir nous fit ces petites formes à tête d’oiseau Sans mains sans pieds Mais avec une assise callipyge

Il y a aussi ces fragments d’os de seiche recueillis sur notre plage de Fos que j’ai recouverts de signes que tu appelais mes chinoiseries et que j’ai baptisées hypnographies

Il y a tes dernières paroles que tu m’écrivis les yeux humides sur le canapé un matin de ce printemps maudit

Il y a tout ce que je suis en train de rassembler pour te reconstruire Et qui m’échappe à jamais

Dans ma poche Sur ma page Dans ma tête ouverte à tous les sens Et qui brise les cadres de ce pauvre petit texte Sans voix Sans toi

Une entrée sur 222 d’un dictionnaire à part moi

à commander chez son libraire ou à se procurer sur le site de l’éditeur

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

Vénus Goajira qui me fut donnée en 1970 posée sur mes hypnographies

FRAGMENTS BRISANT LE CADRE DE MON PETIT TEXTE

Dans ma poche il y a de petits morceaux d’argile de la Goajira

Une indienne au visage peint en noir nous fit ces petites formes à tête d’oiseau

Sans mains sans pieds

Mais avec une assise callipyge

Il y a aussi ces fragments d’os de seiche recueillis sur notre plage de Fos

que j’ai recouverts de signes que tu appelais mes chinoiseries

Il y a tes dernières paroles que tu m’écrivis les yeux humides

sur le canapé un matin de ce printemps maudit





Il y a tout ce que je suis en train de rassembler pour te reconstruire

Et qui m’échappe à jamais

Dans ma poche

Sur ma page

Dans ma tête ouverte à tous les sens

Et qui brise les cadres de ce pauvre petit texte

Sans voix

Sans toi




FANTAISIES ANACHRONIQUES

(notre vie étant si peu chronologique, interférant tant d’anachronismes dans la suite des jours) Marcel Proust





Je me souviens de Toto Laricot

et de Tata « La Risa« 

Je me souviens de la pipe de Magritte

et de celle du pape Pipu

Je me souviens de Marguerite Yourcenar

et de son Oeuvre au noir

Je me souviens de la Sardine qui a bouché le Vieux Port

et des enfants du Pirée

Je me souviens de Nicolas de Staël

du marteau et de la faucille des Stals

Je me souviens des pâtés d’encre sur le journal

qui protégeait la table de la cuisine

où je faisais mes devoirs d'écolier

et des saucisses qui pendaient au plafond

Je me souviens du petit loup percé d’une plume

et des Amours jaunes de Tristan

Je me souviens de la pèche à la baleine

et de tes beaux yeux bleus tu sais





Je me souviens de toi qui ne se souviens plus de rien

DIRE 1

DIRE 2

TROIS RONDES POUR FINIR LE CAHIER BLEU

FINIR LA RONDE

FINIR LA RONDE

Quand la maclotte ne fait plus sautiller les Fla les Fla les Flamandes

Finir la ronde des nostalgies Lucrèce Virgile éclairent ma page

Prédécesseurs et précurseurs qu’en réalité je n’ai jamais bien lu

Ainsi cette marge est inutile

Mais non la page

Où dansent mes derniers signes

JE ME DÉGUISE

JE ME DÉGUISE

Sous mes graphies tracées comme en hypnose

Il y a mon père et ses labours boustrophédons allers retours

Il y a ma mère qui était fière de son Jeannot qu’elle faisait beau comme un sou

Il y a maïdine grand-mère Germaine la seule qui m’appelait « Mic »

et qui touchait ma barbe noire pour s’assurer qu’elle n’était pas fausse

Il y a la chair des humbles dont personne ne parle longtemps après

180 SIGNES POUR TOI

CETTE DERNIÈRE

Elle est à toi 180 signes c’est pas beaucoup pour ceux qui s’aiment

C’est comme la chanson d’un québécois qui s’appelait – c’est pas croyable – DOR

Et moi pauvre de moi je n’ai plus qu’à ajouter IO ou plutôt Yo

C’est le yoyo de la Manic le titre de la chanson

Si vous saviez comme on s’y ennuie Mais en la chantant on fait renaître

180 fois nos amours mortes transfigurées