CHANSON D’AUTOMNE ET DE FIDÉLITÉ

Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été


Guillaume Apollinaire

Je pense donc je suis n’est pas ma tasse de thé
Je pense au petit café où nous avions rendez-vous
Je pense au jukebox et au citron pressé
Je pense à nos têtes qui tournaient
Aux sons de mon manège à moi
Je pense aux flonflons de la fête
Et aux toiles de Manet
Je pense aux froufrous de ta robe soie
Ce 22 septembre où pour toi je chantonne
Cette chanson d’amour et de fidélité


sur mon cahier d’écolier un dessin du 27 mars 1972

POCHE (un dictionnaire à part moi)

POCHE 

Dans ma poche il y a de petits morceaux d’argile de la Goajira Une indienne au visage peint en noir nous fit ces petites formes à tête d’oiseau Sans mains sans pieds Mais avec une assise callipyge

Il y a aussi ces fragments d’os de seiche recueillis sur notre plage de Fos que j’ai recouverts de signes que tu appelais mes chinoiseries et que j’ai baptisées hypnographies

Il y a tes dernières paroles que tu m’écrivis les yeux humides sur le canapé un matin de ce printemps maudit

Il y a tout ce que je suis en train de rassembler pour te reconstruire Et qui m’échappe à jamais

Dans ma poche Sur ma page Dans ma tête ouverte à tous les sens Et qui brise les cadres de ce pauvre petit texte Sans voix Sans toi

Une entrée sur 222 d’un dictionnaire à part moi

à commander chez son libraire ou à se procurer sur le site de l’éditeur

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

Vénus Goajira qui me fut donnée en 1970 posée sur mes hypnographies

FRAGMENTS BRISANT LE CADRE DE MON PETIT TEXTE

Dans ma poche il y a de petits morceaux d’argile de la Goajira

Une indienne au visage peint en noir nous fit ces petites formes à tête d’oiseau

Sans mains sans pieds

Mais avec une assise callipyge

Il y a aussi ces fragments d’os de seiche recueillis sur notre plage de Fos

que j’ai recouverts de signes que tu appelais mes chinoiseries

Il y a tes dernières paroles que tu m’écrivis les yeux humides

sur le canapé un matin de ce printemps maudit





Il y a tout ce que je suis en train de rassembler pour te reconstruire

Et qui m’échappe à jamais

Dans ma poche

Sur ma page

Dans ma tête ouverte à tous les sens

Et qui brise les cadres de ce pauvre petit texte

Sans voix

Sans toi




FANTAISIES ANACHRONIQUES

(notre vie étant si peu chronologique, interférant tant d’anachronismes dans la suite des jours) Marcel Proust





Je me souviens de Toto Laricot

et de Tata « La Risa« 

Je me souviens de la pipe de Magritte

et de celle du pape Pipu

Je me souviens de Marguerite Yourcenar

et de son Oeuvre au noir

Je me souviens de la Sardine qui a bouché le Vieux Port

et des enfants du Pirée

Je me souviens de Nicolas de Staël

du marteau et de la faucille des Stals

Je me souviens des pâtés d’encre sur le journal

qui protégeait la table de la cuisine

où je faisais mes devoirs d'écolier

et des saucisses qui pendaient au plafond

Je me souviens du petit loup percé d’une plume

et des Amours jaunes de Tristan

Je me souviens de la pèche à la baleine

et de tes beaux yeux bleus tu sais





Je me souviens de toi qui ne se souviens plus de rien

DIRE 1

DIRE 2