SORTIR DE LA DURÉE

SORTIR DE LA DURÉE

Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m’être entretenu tant d’heures oisives, à pensées si utiles et agréables ?

Ai-je perdu mon temps de m’être rendu compte de moi si continuellement, si curieusement ?

Car  ceux qui se repassent par fantaisie seulement et par langue quelque heure, ne s’examinent pas si primement, (« finement ») ni ne se pénètrent, comme celui qui fait son étude, son ouvrage et son métier, qui s’engage à un registre de durée, de toute sa foi, de toute sa force.

                                                                             Michel de Montaigne





La pirogue issue d’un seul tronc d’arbre, les deux piroguiers, indios panares, venus chercher leurs visiteurs aux barbes étranges, étrangers, pour leur faire traverser, réellement et symboliquement, el río Cuchivero, affluent de l’Orénoque. Ce passage remémoré un demi-siècle après, entre deux temps distincts, celui du calendrier, des montres et des pages d’écriture, et le temps-autre des paroles, contant au rythme des hamacs, les mythes circulaires et collectifs, qui nous plongeaient dans ce passé d’où remonte le futur. En écoutant ce soir Palestrina, je rature inconsciemment le palimpseste de mes mémoires enfuies, tentant vainement de sortir de la durée : ces moments d’éclaircies où la mort est absente.

JJ Dorio UN DICTIONNAIRE À PART MOI (texte en cours)



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