COMME UN TABLEAU NOIR





Comme un tableau noir de l’école communale

Le grand art enfantin à coup de craies plus blanches

Qu’un fond de Constellations de Joan Miró





Des étoiles de roses d’un sonnet de Ronsard

Étouffées par la mort qui nous a laissé choir

Un souffle un presque rien le cycle recommence





Comme ce tableau noir suscitant l’enjouement

Étude des trilles des vols d’engoulevent

Bestiaire des faucons hagards et crécerelles





Comme des lignes de naissances successives

Les sillons nouveaux les mottes luisantes les vers

Attirant les merles et les bergeronnettes





Les travaux et les jours la palette des nuits
Le temps est à la neige efface ce poème

Qui sautait à la corde d’un temps qui s’est perdu





05/01/2021

manuscrit + hypnographies

Join the Conversation

  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. Merci pour cette page. Je peux parler de l’image elle-même et de ce que j’y lis.

    Ce qui me frappe d’abord, c’est que les deux pages ne sont pas dans le même temps.

    À gauche : des signes noirs, larges, brossés, qui ne cherchent pas à devenir alphabet. Ils semblent écrits avant la langue ou après elle. J’y retrouve ce que vous appelez parfois vos hypnographies : non pas des caractères à déchiffrer mais des gestes qui gardent la mémoire de la main. Certains traits paraissent tomber, d’autres se dresser, quelques-uns ressemblent à des silhouettes, des oiseaux, des outils, des semis. On dirait un champ de signes plus qu’un texte.

    À droite : l’écriture cursive revient, mais elle reste traversée par ce voisinage. Le poème parle du tableau noir, de la craie, des constellations, et la page de gauche agit comme son tableau noir secret.

    J’aime

Laisser un commentaire