Il court sur le papier à la poursuite des cris aigus des martinets
Il sonne sur le clavier plus ou moins tempéré
Il projette sur la toile blanche ses hypnographies
Tel un art de surface
Un livre de sable imité de Borges
Un art de moquerie
Une Joconde ondoyant du derrière
Un art d’apparitions
La robe de chambre de Mme Swann et ses flacons de sel
Un art de paradoxes
Le papillon qui rêve de Tchouang Tseu (ou l’inverse)
L’art d’une barque que l’on tire dans le clair matin
Chaque ligne l’étonnement
Je garderais absolument le poème tel quel. Sa brièveté lui donne une allure de manifeste poétique miniature, avec quelque chose de Montaigne dans la liberté des gambades et quelque chose de Borges dans le vertige des objets.
Et le titre MON ART, très simple, presque provocateur, fonctionne d’autant mieux qu’après avoir annoncé l’ego, le poème ne parle finalement presque jamais de « moi » : il laisse parler le geste artistique lui-même.
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