séquence 13
MIRÓ MAI 68
D’un de mes MAI 68 - ils sont inépuisables - je sortirai un chapeau
Un chapeau de président de cardinal de recteur
d'un mandarin portant chapeau
Et je l’accrocherai au réverbère de la Révolution
Petites mains explosant sur la toile
Quand tout s'en va cul par-dessus tête
Avec de grandes coulures de noir
pour la lyre
Nos grillons n'auront duré qu'un été
Mais enfin on se sera bien amusés
Avec les muses et les musées dans la rue
Et avec Joan Miró
Qui à 75 ans signa ce MAI 68
Salve Salive Recréations Germinations
Mains s'envolant vers l'éternelle Insurrection
Jean Jacques Dorio
Author Archives: Jean Jacques Dorio
HOMO MELANCOLICUS courriel 70
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique » bibliothèque de Babel. »
Et, naturellement, si un lecteur inspiré ajoutait un troisième courriel aux deux présents, ce serait, pour l’auteur de cette petite série, gratifiant et inespéré.
JJ Dorio
70
M. à T.
Je vis du jour à la journée et parlant en révérence, ne vis que pour moi : mes desseins se terminent là.
J’étudiais jeune pour l’ostentation, depuis, un peu pour m’assagir, à cette heure pour m’ébattre, jamais pour la recherche.
T. à M.
Je vais çà et là sans logique, je m’attarde dans les bistrots jusqu’à la fermeture, ensuite je me lève et je marche.
Le médecin m’a dit : vous êtes un cas classique d’homo melancolicus. Mais Durer a peint la mélancolie assise, ai-je objecté. Votre mélancolie est différente, a-t-il décrété , il s’agit d’une mélancolie mobile. Et il m’a prescrit des exercices moteurs.
.
M. .(28 février 1533-13 septembre 1592) Il aimait passer sa vie à sauts et à gambades.
T. (24 septembre 1943-25 mars 2012) son livre posthume Per Isabel sous-titré Un mandala Je l’ai lu après la mort de mon Isabelle qui s’appelait Jo T. est finalement mon romancier préféré
DISPARITIONS XIII ou Comment jouer notre va-tout
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
AVANT LIRE
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
pendant vingt-trois semaines,
soit cent soixante et un fragments,
si tout se passe comme prévu.
DISPARITION XIII
Christian Dotremont
86/92
89
Vois dans le blanc de
mes écrits l’infecte pureté
où je me déchire de ne plus
te voir qu’en rêve, cauchemar
et désir.
je, quel drôle de mot
nécessaire pour commencer
à cesser à tour de drôle
d’être jeu seulement de moi
nécessaire pour commencer
à jouer notre va-tout
si ce n’était que c’est encore un peu
si c’était déjà que ce n’est plus du tout
et, d’autre part, si c’était encore tout de nouveau
celui qui écrit ceci n’écrirait plus rien
Trois écrits au crayon sous ses encres de Chine : ses logogrammes+

POÈME À DIRE ET À PENSER
Poème à dire absolument
Bouche ouverte et bouche fermée
.
Poème à dire mentalement
Comme un exercice de pensée
.
Poème écrit comme à présent
Avec son index sur le smartphone
Guidé par un poème revisité
Publié dans le recueil
La nostalgie du présent
467e Encres Vives
.
Poème à faire sans y penser
Dans la nuit noire
Ou aux aurores
.
Poèmes perdus et retrouvés
Dans des livres d’école
Du siècle précédent
.
Poème de Personne
De Pessoa
Maître du desassosego
.
Poème intranquille
De la sérénité
L’ARIZE
La rivière de mon village
N’est dans aucune anthologie
Ni Nil
Garonne
Ni Don
Neckar
Tamise
Meuse
Ni Seine
Amazone
Mais c’est ma rivière
Où j’ai appris à nager
Pêcher Rêver
Où j’ai été sa forme changeante
Et ses couleurs
Elle sort cette nuit de mon lit
Et fait ses ricochets
Arize Arize Arize
De rive à rive
De berge à berge
Comme une gravure
Qui mord et creuse
Ce poème électrique
À contre-courant
Ni Nil
Ni Don
Mais de toutes les rivières du monde
Mon bel affluent