JE ET TU À LA FOIS

Je et tu à  la fois et séparément

Je t’appelle tu m’écoutes

Ça nous parle et nous déparle

On sympathise ou bien c’est la hantise

De la rupture

Tu m’interpelles

Et tu t’aperçois que je pense à autre chose

À un petit morceau de vers

Ou de vermisseau

C’est l’instant des Amours jaunes

Comme des millepertuis

De ce poète contumace

Qui avait trop de noms

Pour avoir un nom

À tout hasard et par raccroc

On l’appelait Tristan Corbière

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Je ne suis personne

( affaire toujours à  suivre)

sur 3 vers de Tristan Corbière hypnographies Dorio

JE NE SUIS PERSONNE

Je ne suis personne absolument personne écrit l’étrange personne qui vivait à Lisboa et dont le nom portugais Pessoa signifiait (ça ne s’invente pas) Personne.

Un boa en effet dur à avaler pour une personne normale qui aspire à ne pas être rongé par le symptôme de l’Intranquillité.

Car il m’est difficile, en ce qui me concerne, de dire sans rire : Je suis sans identité.

(Affaire à suivre.)

UNE ENFANT NOUS EST NÉE

Cette nuit sur la plage

La mer a apporté

Une nouvelle née

Sel et sable mêlés

Sur sa bouche qui s’ouvre

Aux premiers cris de sa présence

Cette nuit sur la page

Une enfant nous est née

On sourit on exulte

On lui donne un nom

Comme la chair d’un mot

Qui va la désigner

Toute son existence

On lui donne l’Amour

Sans qui l’enfance

Fragile et vulnérable

Ne peut accéder à la vita nuova

On la berce on la lange

Notre petit ange

L’enfant do

Qui au son de la voix de sa mère

Fait son premier dodo

UNE DERNIÈRE PAGE

C’est la dernière page de ce beau carnet rempli de mots chuchotés à mon oreille et que j’ai accueillis les yeux fermés : le feu, le sable, le corps, le cœur, la nuit, les songes, l’amour, la mer...

J’ai veillé à ce que chacun d’eux  s’insère dans un poème. Comme une forme minimale de rêverie éveillée à l’allure poétique, opposée à la bourrasque des mauvaises nouvelles ( et manières) du quotidien.

Et maintenant nouvelles plages d’écriture, nouveaux pavés, contre vents et marées, il faut continuer.

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AUTRE CARNET

Face à la feuille de papier kraft – mer en deuil sur laquelle je flotte – Il y a la couverture de plastique noir C’est le carnet quatrième qui désormais va tel un crabe être épinglé sur la planche haute de ma bibliothèque Le carnet cinquième – ni tout à fait le même ni tout à fait un autre – s’ouvre sur ce vers inspiré par le poète du Tout-Monde Le laps des ans nous a paru d’éternité. Edouard Glissant 06 octobre 2015