Je suis comme je suis
Je suis comme tu es
Je suis et ça me tue
Moi-même et un autre
Une autre même si j’osais
Écrire comme un androgyne
Je suis l’électron libre
De l’homme chérissant la mer
Et de la dernière indienne
de la Terre de Feu
Je suis l’anticenseur
Je suis l’absurdité
Je suis l’inventeur distrait
De cette suite issue d’un truisme
Tout bon lecteur qui me suit
Belle lectrice à ses heures
Devrait continuer...
Author Archives: Jean Jacques Dorio
POUR DESSILLER NOTRE HISTOIRE
Comment reconnaître au matin Sur la carte ce pays brun Retrouvons au vif de mémoire Nos lunettes des lendemains Pour dessiller notre histoire
Pour dessiller notre Histoire Retirons un à un les fils noirs Qui tissent les théories funestes des Nationaux Populistes
No R.N.
Préservez moi de toute haine Ne faites point de moi cet homme de haine Pour qui je n’ai que haine
No Air Haine
De grâce écartez la nuit brune pour nos nuits claires Où nous nous retrempons dans les eaux de source de notre devise républicaine
Liberté Égalité Fraternité
JJ Dorio italiques Jacqueline Saint-Jean Aimé Césaire
Martigues 3 juillet 2024
AIR HAINE
Quand le couple Le Pen Bardella dit « Peuple on vous aime » il faut comme dans 1984 d’Orwell entendre l’inverse car le carburant du R.N. c’est précisément la Haine de l’Autre du différent de l’étrange étranger Si donc Air Haine prend le pouvoir à l’Assemblée Nationale ça va être dans un premier temps dur à encaisser mais progressivement les imbéciles heureux qui ont voté pour la promesse d’une France National Populiste vont s’apercevoir que ces apprentis sorciers les ont abusés La suite n’est pas écrite mais continuer à taper sur le président de la République qui sera alors dans cette période notre principal garant pour retarder les projets funestes de l’extrême droite est irresponsable
*
« Je m’étonne que l’on tienne autant de rigueur à Emmanuel Macron d’avoir voulu la tenue de ces élections législatives. Il y a probablement une part de nonchalance dans sa décision. Mais il n’en reste pas moins que le Rassemblement National est là, on pouvait repousser l’échéance à dans trois ans, à la prochaine présidentielle, mais les sondages placent généralement Marine le Pen en position de favorite. Le pari tenté par Emmanuel Macron est sans doute fou et risqué, mais c’est peut-être une tentative désespérée de sortir de la prison dans laquelle il se trouve. » Julian Jackson professeur émérite d’Histoire à la Queen Mary de Londres
UN PUR POÈME
Par instants un pur poème
Un poème de l’instant fatal
Avec l’attention extrême
Au mouvement de la parole
Qui s’organise en l’écrivant
Jusqu’à minuit quand sonne
l’heure Je me souviens des
jours heureux et je pleure
UNE NUIT DE PERTES ET DE DONS
LA NUIT DES DONS ET DES PERTES
« La vérité est un miroir brisé tombé de la main de Dieu et qui s’est brisé
Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s’y trouve. »
Rûmi (un « soufiste » du XIII° siècle)
Je me perds dans Borges la nuit des dons – noche de los dones – brise le miroir et le masque –el espejo y la máscara –
Je me perds dans les mille morceaux de cette œuvre dont chacun semble contredire le précédent et le suivant, miroir brisé par le poing d’un dieu jaloux qui ne laisse aux lecteurs que les fragments d’une allure de vérité.
Je me perds à l’angle de la rue Bernardo de Irigoyen et de la rue des Bergeronnettes, de celles qui suivaient mon père laboureur, et que j’habite pour de vrai maintenant.
Je me perds dans les prologues qui mènent immanquablement au jardin des sentiers qui bifurquent et qui font pièce à des ouvrages hétérogènes d’écrivains improbables.
Je me perds dans les visions simultanées de l’Univers que le langage ne peut traduire que successivement :
la neige coiffant la statue d’un soldat de 14 sur la place d’Ancizan (Hautes Pyrénées),
les grains de sable du Sahara coulant dans le tableau d’un artiste marocain que j’ai acquis grâce à une amie galeriste de Sausset les Pins,
la voie lactée où marchent sans cesse les indiens morts de la Goajira.*
-Tu as bien vu tout en couleur ? me demande Borges.
-Oui j’ai retrouvé mon livre d’enfant où toutes les lettres pendant la nuit se mélangeaient et m’offraient au matin un chant nouveau.
*Le chemin des indiens morts Michel Perrin (1976)

Sablier des dons et des pertes