L’âme est souffle, esprit.
–Esprit es-tu las
De chercher l’harmonie
Le rythme la musique
(avant toute chose) ?
–Pas de lassitude
Mais toujours l’étude
De ce quelque chose
Qui en moi déborde
Et m’incite tout bien pesé
À ne pas désespérer
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
L’âme est souffle, esprit.
–Esprit es-tu las
De chercher l’harmonie
Le rythme la musique
(avant toute chose) ?
–Pas de lassitude
Mais toujours l’étude
De ce quelque chose
Qui en moi déborde
Et m’incite tout bien pesé
À ne pas désespérer
Drôle d’objet verbal
Sorti d’un trou noir
Un hybride croisant
Spleen et idéal
Lumière et obscurité
Unissant avec l’oxymore
Le pointu et l’émoussé
L’esprit et la sottise
Il court il court le verset
Sur les terres brûlées
D’un poème en souffrance
Déployé sur la page
D’un livre ancien
Découpé au couteau

Au travail je me dis
Faire un poème
N’est pas donné
Même si le lecteur
Peut en douter
Il faut parfois des semaines
Pour le sortir de la noirceur
De l’époque
Ou bien comme à l’instant
Foncer faire flèche de tout bois
Se mouvoir se déplacer
Produire (comme nous disions antan)
une poésie lavée de ses vieux pêchés :
la prétention l’obscurité le dolorisme
le narcissisme la nostalgie d’un monde perdu
à jamais
Voilà suffit
Cette ouverture
Comme un chant de fouilles
Offert au lecteur invité à mettre la main à la pâte
Lui aussi
Pour continuer

Soleil se couchant sur la Camargue vu des falaises de Port de Bouc 30 novembre 2024 17h03
JJ Dorio
La beauté n'est pas dans les couleurs mais dans leur harmonie

Soleil couchant sur la chaîne des Pyrénées vue d’Ozon Hautes Pyrénées 1° décembre 2024
Photographie de Danielle Nabonne
Qui a écrit à la suite ce fort et beau poème
Ce même soleil
Ce même souffle
Nous enveloppe
Nous baigne
D'une même étreinte
Et nous réunit
Au-delà de l'espace
Infini de nos mélancolies
Nous lançons nos mots
Et nos signes
Chasseurs de rêves
Ils nous reviennent
Parfois alourdis
De cadeaux inattendus
Ils se perdent aussi
Dans les nuits du silence
Nous reprenons la tâche
Paysans de la langue
Réapprendre la ténacité
Et la patience des graines
Une même terre
Sous un même ciel
Danielle Nabonne
Une aube affaiblie verse par les champs la mélancolie des soleils couchants
Paul Verlaine

C’était le 15 janvier de l’an 2011
chemin de la Forêt dans le Charollais
un voile rouge et or enveloppait le ciel
un groupe d’étourneaux tenaient conciliabule
Maria-Dolores Cano
Oui la mélancolie des soleils couchants…Enfant ces ciels rouges m’effrayaient, j’avais un sentiment de fin du monde…M-D Cano
Manière de rêves images qui viennent par petites séquences déconcertantes me visiter
Il y a une baleine montée dans le métro du Trocadéro
Il y a un marcassin qui vient heurter mon auto
Il y a la lune ronde qu’une éclipse de Terre réduit à un point zéro
Il y a un gros lézard qui sort d’une nouvelle de Julio Cortazar
Il y a beaucoup d’autres bêtes de songe qu’il ne m’est pas loisible de coucher sur le papier
Le rêve d’ailleurs vient de se terminer

MES PARTS DE RÊVES
Il y a peu de temps que je me suis endormi Je viens de rêver Vagues images sur lesquelles je suis incapable de mettre des mots Ils me font faux bond Mais je n’en ai aucune frustration Au contraire en attendant le prochain endormissement Je recopie sur mon carnet des nuits transfigurées : la vida es sueño « La vie est un songe » Que es la vida un frenesi una ilusión una sombra una ficción Frénésie illusion ombre fiction : « la vie est un rêve» Gérald de Nerval prend le contre-pied de Calderón : Le rêve est une seconde vie Non « le rêve sans rêveur » mais « le rêve de rêverie » provoqué, amplifié, excédé par ce loisir de plume où l’on n’a plus pour tâche que d’imaginer Imaginer cette part de rêve qui nous permet de mieux affronter la dure réalité de nos vies