LIRE CE N’EST PAS RIEN





Lire ce n’est pas rien

Relever, en douce, ce que d’autres ont écrit,

mots, phrases ou vers,

qui soudain résonnent étrangement

et fortement en nous :





témoin ce mammifère égaré

dans la prairie des syllogismes

et le pâturage des contradictions





témoin ce corps de songes provoqués par

un air très vieux languissant et funèbre





Lectures pour moi seul

Confrontation avec cette manière

Dont la poésie s’accomplit

Sous la forme d’un poème

Une musique qui me possède

et m’entraîne cette nuit

(et cette nuit seule)

dans un château des siècles passés

où une dame, blonde aux yeux noirs,

sublime, apparaît





Car elle m’apparaît

au-delà de la page

cette femme que j’ai fréquentée

dans une autre existence

et dont je me souviens





avec par ordre de citations R Queneau P. Verlaine et G. de Nerval


	

VERLAINADES





Après la tempête le calme

les sanglots longs

de l’âme de Verlaine





Vers plus que lents,

Une valse mélancolique écrite

pour lâcher prise

laisser aller selon

le chant de la bonne aventure





Après la tempête

Deçà delà

Je me souviens

De la musique avant toute chose

Celle qui nous faisait planer

en regardant « le violoniste bleu »

de Marc Chagall





C’était à Nice

Où tu aimais aussi

Manger des chichis





Et puis nous avons vécu la fin de la bonne tempête

La mort quand elle vient ne fait pas de chichis

Ma belle musicienne s’est changée en statue





Il pleure dans mon cœur

L’inflexion des voix chères qui se sont tues





Italiques Paul Verlaine

UN VINGTE DEUX SEPTEMBRE

ce poème est dédié (lui seul sait pourquoi) à André Bellatorre 




poème du soir


dame souris trotte
un pentasyllabe
de Monsieur Verlaine

poème de laine

temps vertical que croise
la ligne de fuite des cœurs


c’est le soir tout simple
ment la musique du soir

de cette équinoxe

un vingte deux septembre

au diable vous partîtes

chantait Jojo Brassens





on ne sait qu’ajouter





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AIMER L’UTOPIE

Jean Jacques Dorio

réécriture fin de l’été-automne 2020





première version en format A4

Encres Vives n° 399

on peut encore la lire
pour 6,10 euros

Encres Vives

2 Allée des Allobroges
31770 Colomiers


TANT QUE VIVRAY


Tant que vivray en âge florissant,
Je servirai Amour, le Dieu puissant,
En faits et dits, en chansons en accords.

Clément Marot


Tant que vivrai

Sur ma très brève et familière tablature

Comme écrivait en regard de sa pièce pour luth
Pierre Attaignant


Cinq siècles après
sa musique -en effet –

m’atteignant


Mais lui le musicien de ce poète de Renaissance
en nous voyant encor qui l’écoutons

À quoi vraiment songerait-il
caché en sa poussière d’étoiles ?

Tant que vie vraie
Nous est donnée
Échos parlant
d’une promesse réalisée

Prolongeons
sur nos luths constellés

https://www.youtube.com/watch?v=yD7qRFELl8w