Poésie ne fait pas de vagues
Elle vogue de nuit en nuit
Sur la barque d’un Anonyme.
Fanal, feu latent, exercice,
Poème en rupture, brisures
Que l’on recolle pièce à pièce.
Les mots viennent de toute part
Mais il faut les laisser passer
Ou bien les isoler en chambre
De décontamination.
Sans livre à portée j’ai du mal
J’ai du mal sans papier stylo
Mais persiste la tête pleine
De tous les poèmes nourriciers.
À la fin sans pouvoir me plaindre
Sans voix sans oreille et sans yeux
Je n’aurai alors pour survivre
Que les mots sur les lèvres
De celles qui m’ont aimé.
Author Archives: Jean Jacques Dorio
ÉC/RIRE
Lutter par le rire, notre vieille arme, contre tout ce qui dépasse mes forces et ma raison, puisque l’indignation elle-même devient aujourd’hui dérisoire dans sa futilité.
Romain Gary
Écrire c’est mon dada
C’est dire non au sang versé durant la grande boucherie de 14-18
Écrire c’est ma crise de verres, grossissant la recherche d’une pensée imprévisible, accouchée sur le papier, après sa recherche par des chemins de traverse
Écrire c’est tousser en proclamant tout sait :
la pierre, l’air, le feu, la mer, la nue,
un trou de verdure où chante une rivière.
Écrire es amor que nos tranfigura !
Écrire une nuit transfigurée
Et laisser rire
Laisser se déployer l’éphémère
sans paternité
INSTANTANÉ
Le sable de Fos
La fosse du temps qui passe
Un enfant Qui joue

SUR LE PAPIER
Tu as écrit longtemps
Sur un papier blanc
Comme neige
Ta plume en l’absence
De tout correspondant
.
Et maintenant c’est sur l’écran noir
Que tu défends une certaine idée
De la vie couleur de tes rêves
Luttant contre l’écrivaillerie
Le chiendent d’un siècle débordé
Par les écrits numériques
En cul-de-sac
.
Le voyage s’achève
Vers ce bas d’une page
Où tu as parlé au papier
Somme toute en aveugle
Un mot chassant l’autre
Une petite heure
Dans l’hôpital d’un poème
À réparer d’urgence
PEINDRE LE PASSAGE
Je peins le passage : cette page écrite au doigt et à l’oeil autour de minuit, ce bateau sur les canaux de Martigues qui nous permit de rejoindre le marché de Provence dominical, la marelle de mes petits enfants entre terre et ciel, la lecture quotidienne d’un chapitre des Essais et cette obstination à tramer un texte après l’autre.
Exercices, exercitations, persévérance, métaphores vives et que sais-je ?
La respiration d’un air qu’on a respiré autrefois avec la sensation de traverser les voies éphémères d’un petit paradis.
Jean Jacques Dorio
27 juillet 2026

Claude Brugeilles :
je saisis délicatement un passage du texte