De la graine au grain Engrainer engrènement El arriero va / Les femmes nous portent Leur centre de gravité Nid douillet matrice / Silence habité Nulle lettre sur mon être Je peins le passage/ Qui sommes-nous nous De dos de profil de face Nous sommes hors-cadre / Nature culture C’est ruptures et liaisons Blessures chansons
Author Archives: Jean Jacques Dorio
J’ÉCRIS DES LETTRES À MADAME LA MARQUISE
J’ÉCRIS DES LETTRES À MADAME LA MARQUISE J’écris des lettres à Mr le Président en m’abstenant de tout épanchement J’écris des notes de félicitations à ma cuisinière qui m’a gâté cette semaine d’huîtres, d’alouettes (sans tête), de soles frites et d’éperlans J’écris au rédacteur en chef du Monde des Livres que j’accuse d’avoir coupé la tête du chroniqueur chargé de présenter les nouveaux livres de poésie J’écris des notes par centaines aux quatre coins de Paris sur des bancs publics ou dans des bistrots voués aux tables à contraintes de l’Oulipo J’écris à Mme de Sévigné pour lui demander d’éclaircir quelques allusions qui me sont incompréhensibles J’écris à mes ami.e.s lointain.e.s en imaginant la transcription d’une conversation qui entre nous n’a pas eu lieu J’écris par petites touches cette sorte d’autoportrait kaléidoscopique marqué par la fragmentation et l’inachèvement
SUITE D’HAIKUS
Réveil en silence Depuis que je vis tout seul Parlant au papier / Bégaiement heurté D’une langue métissée Mon corps est nomade / Horizon du texte Des courants alternatifs De nos fruits hâtifs / La page me tient Dépouillé de toute chair Ancré dans mes encres / Les mots m’imaginent Me font du bien ou me brisent Figures fissures
COMME DES HAÏKUS
Heure du coucher Cou tordu sur un roman Tombé de mes yeux
Être en exil Ici ailleurs nulle part Mon cœur en miettes
L’envers du décor De Marseille à Anvers Le roi Dagobert
Elle soliloque Ch’timi occitan ou grec J’y perds mon latin
Petite vie brève Des violons sans archets Sans chambre d’échos
UN TEMPS INTERROMPU
J’ÉCRIS DANS UN TEMPS INTERROMPU (ni ininterrompu, ni perdu, ni retrouvé) J’écris dans un temps qui jouit de la douceur de la bonne santé J’écris dans l’impensé des nuits des corps rongés par l’infâme crabe J’écris dans le mouvement qui me fait passer au travers de périodes séparées de ma petite histoire J’écris de Jadis succédant au Maintenant J’écris sur les chemins des mythes qui reculent vers le futur J’écris à contre-temps des chroniques anachroniques J’écris en lisant, veillant à y voir clair dans mes Ombres errantes 1 J’écris pièce par pièce ce qui ne peut-être rapiécé J’écris sous les pavés page après page 1François Couperin