RENCONTREDUARA


Dans la serre tropicale du zoo de Central Park, ce mercredi 13 avril un ara m’attendait . Le pareil et le même que celui aperçu à l’orée d’une forêt vénézuelienne en 1970. Il me fit un clin d’œil. – Tu vois moi, mon petit camarade, j’arbore toujours mes couleurs rouge et bleu. Je n’ai pas blanchi comme toi, je n’ai pas subi les affres des humains. – Affreux! Affreux ! J’ai essayé de lui faire répéter, mais il m’a laissé à mon rôle de perroquet.

UNE HEURE ANNULÉE

Je passe chaque nuit, après un premier somme, une heure éveillé à lire, penser, rêver et, « dans la foulée », écrire sur le papier, « le fugitif, le mystérieux » et l’infini d’une heure soumise aux métamorphoses. Bri/Collages subtils ou grossiers, ajoutages, qui donnent l’impression, en fin de « conte », que mon heure n’a pas eu lieu.

RÉMINISCENCES ANTICIPÉES

Les mots en guise de titres
je les choisis après coup

Après que de coups de dés
en coups de dés
les mots abolissent ma page

Elle est bleue ce matin
Et j’y fais des sauts de carpe

Je m’y prélasse aussi 
Quand le poisson doré
prend la forme d’un oiseau lyre

Celui d’un poème de paroles
que l’on avait composé
avec nos petits caractères en plomb
sur la presse de l’instituteur Freinet

Son titre tintinnabulant 
Nous avait excités
Mais je l’ai oublié


le titre est proustien




	

JOUR DE VOTE : ESPOIR OU CAUCHEMAR ?

Le droit de vote : pour ou contre ?
Le poisson frit ou en papillote ?

Je vote systématiquement depuis l’an 1966
(l’an de mes 21 ans -âge légal à l’époque)

Je vote sans état d’âme
Pour faire ce devoir dont furent privé
Mes ancêtres

Je vote sans hésitation
Mais non sans (l’âge aidant) réflexion

Aujourd’hui après la Covid
Et devant la guerre en Ukraine
Un critère essentiel dicte mon choix
La FrancEurope
(Encore plus Encore mieux d’Europe)

(Les cons joyeux qui sont légion
Vont voter comme des effarés
Pour Ceux et Celle qui leur vantent
Les balivernes mortifères de la Nation)

SI HUGO REVENAIT

Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples(…) qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France ! Un jour viendra où l'on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd'hui un instrument de torture, en s'étonnant que cela ait pu être ! Un jour viendra où l'on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d'Amérique, les États-Unis d'Europe, placés en face l'un de l'autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies.
Discours de Victor Hugo au Congrès de la Paix de 1849