Sur le blog "Rêveuse de mots" https://reveusedemots.blogspot.com/ Une aquarelle vue à plusieurs yeux Pièce à pièce comme l'on bâtit Une barque légère ou un navire de haut gréement Merci à Maria Dolores Cano
Author Archives: Jean Jacques Dorio
CEUX QUI COUSENT ENSEMBLE DES CHANTS NOUVEAUX
ÉCLAIR DE NUIT Il a brouillé l'image venue du satellite Hier il faisait sauter les plombs
Et maintenant après l'orage éclair de nuit sont les trois mots d'un poème incertain Mais dont tous les choix pour la suite sont permis pour l'esprit qui ruse et qui divague Je m'inspire ainsi d'un ouvrage lumineux sur Homère notre père d'un mythe qui ouvre, mais de manière réglée, à la variation, à la fantaisie* Qui fait suite au "déconfinement" pour ceux qui ont intégré le slogan Restez chez vous comme un manque une perte de leur vie quotidienne Mais sous les mots ici tout au contraire un vivant à poursuivi l'envie de lire et d'écrire des poèmes ou des textes approchant le désir des rhapsodes : Recomposer le monde Qui sans cesse se défait Le tisser de ces pièces qui cousent ensemble des chants nouveaux
*HOMÈRE Pierre Judet de la Combe

puis dessin en vis à vis
Dorio
15 mai 2020
02h20
MAI 68 Ç’AVAIT ÉTÉ UN AUTRE TEMPS
68 renversé c’est 89
Ç’avait été un autre temps
Le temps des cerises si vous voulez
Ç’avait été le temps
Celui des cadences rompues
Et des rougeurs au front
Dix ans qu’on s’était rien dit
Bonjour bonsoir ça va ?
Dix ans qu’on s’était laissé attraper
À notre transistor
À notre bagnole
À notre Gogole
À la femme qui veut une machine à laver
Au tiercé
Dix ans qu’on achetait achetait achetait
Dix ans qu’on consommait consommait consommait
Ç’avait été le temps où revenait le goût de ce type
qui rit qui gueule qui en a marre
et qui le dit
Le goût de l’homme
Et de la femme qui veut se libérer
Ç’avait été le temps de la Fraternisation
Vous entendez ?
La Fraternisation
un poème écrit au vif de Mai68
et aussi (de mémoire)
Nous allâmes aux fêtes de Mai
L’âme agitée d’une joie sans pareille
Nous allâmes aux fêtes de Mai
Jamais nous ne serons les mêmes

encres acryliques
Dorio
14 mai 2020
UN PETIT POÈME QUI NE SE VOIT PAS
« Le poème ne meurt pas d’avoir vécu; il est fait expressément pour renaître de ses cendres et redevenir indéfiniment ce qu’il vient d’être. »
Paul Valéry
Un petit poème qui ne se voit pas Un petit poème qui se mord les doigts
Un petit poème qui a le fou rire Un petit poème plutôt infantile
Plutôt infantile mais qui sait profond ? Plutôt infantile à saute-moutons
Plutôt infantile mais qui fertilise Trois arpents de soi qui fleurissent déjà
Et l’on peut si l’on veut bien continuer Et l’on peut sans rimes ni raisons
Sous sa cheminée souffler sur ses braises Mais surtout s’il vous plaît sans faire de fumée
Car il s’en irait le petit poème Ce petit poème qui ne se voit pas…
............
Tableautins à l'aquarelle et ce qui s'en suit sur l'espace Rêveuse de Mots https://reveusedemots.blogspot.com/
UN POÈME LÉGUÉ À JULES SUPERVIELLE
à Jules Supervielle
mort un 17 mai
il y aura soixante ans
dimanche
Ah ! fais-moi une petite place dans la lune
demandait un brin moqueur
Jules Supervielle à Jules Laforgue
Tous deux natifs
-Ça ne s’invente pas-
de Montevideo
Cette nuit à mon tour
Je demande au premier
De me faire comme lui
Ami des grandes profondeurs
Ami de ce passage à l’acte
Où à partir de rien
–Quelques mots qui bougent dans la tête–
Nous voilà commençant
L’écriture d’un « poème »
On l’appelle ainsi
Ça peut toujours servir
Tout le long de nos vies
Où l’on décline
Sans trop en savoir l’ordre
le triptyque
Poèmes Poètes Poésies
Celui-là cette nuit
Je l’écris comme Jules
À la lueur d’une bougie
Couché dans mon grand lit
Dans l’immobilité
Attention très fragile
Est ce nouveau-venu
Je cache sa figure
Aux lecteurs trop hâtifs
Qui croient s’y reconnaître
Attention très secret
Un peu de nos âmes s’y glisse
Du temps qu’elles étaient enfantines
Vivant dans cette haute mer
D‘oublieuse mémoire
Voilà à peine commencé
Je juge déjà que j’en ai trop dit
Le dit le dire-lit
Je l’achève ainsi
Sans préavis
J’ai dérivé sans dérêver
En essayant de ne pas trop obscurcir
Mon propos
Il est désormais à ceux et celles
Qui sans tambour ni boute-selle
L’ont accompagné étonnés
Jusqu’à ce mot dernier
Pour qu’ils en fassent bon emploi
ce 12 mai deux mille vingt
à deux heures pile