
Chaque signe a fait une petite musique sur la page tracés autour de minuit entre le 16 et le 17 novembre 2025 comme autant de mouvements qui me traversent j’ai peint le passage disait Montaigne
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Chaque signe a fait une petite musique sur la page tracés autour de minuit entre le 16 et le 17 novembre 2025 comme autant de mouvements qui me traversent j’ai peint le passage disait Montaigne
J’ai besoin de passer la main
écho parlant quand bruit on mène
J’ai besoin d'un dictionnaire à part moi
et du filon des mots
J’ai besoin de la blanche hermine
et des sons de mon piano blanc
J’ai besoin de la face cachée de Mozart
et des dissonances de l’Art
J'ai besoin des promesses de l'aube
Et des neiges d'antan
Ces bêtes à l’abandon :
Un lièvre patagon
La huppe des Alyscamps
Et la perdrix des neiges
Menacés par un rastaquouère
Qui nettoie son fusil
.
Puis après le grand boum
Rien à ramasser
Des quelques restes
De poils et de plumes
De poèmes sans fin
.
Et cependant
Sur l’aile de papier
Frémissent et se déploient
Les songes d'un papillon blanc
Éphémère ingénu
Que le chant sous le texte
Éblouit de mystère
Une semaine se termine
Une semaine s’achève
Une semaine au bout du monde
Une semaine dans l’aurore d’hiver
Une semaine sur la tombe de Léopoldine
dans le soir qui tombe sur Horfleur.
.
Semaine
Septima
Sept jours
.
Une semaine c’est selon
.
Il y a ceux qui sèment le blé
Ceux qui sèment la haine
.
Il y a celles qui sautillent la maclotte
Celles qui veulent vous aimer
Mais vous aimer à peine.
.
Il y a les voyageurs aux semelles de vent
Il y a les sédentaires qui ont mal aux dents
.
Et puis Guillaume Apollinaire
qui chanta maintes complaintes
Sur la peine
et la Seine
qui passe
et ne revient pas.
.
Quand donc finira la semaine
Quand donc finira la semaine
.
.
Le monde d'ici et de là bas
qui tourne autour de son pot de terre
Le monde distrait par un jet d’eau de la Terre de Feu
Le monde du maïs aux cinq couleurs
Le monde des deux lièvres à la fois
qui courent dans les déserts de Chine et d’Amérique
Le monde qui se renverse sous la lampe-tempête
Le monde des parenthèses et des pleines marges
Le monde qui m’entoure et qui joue de ses maillets
sous un pont des Martigues
Le monde des méduses qui chantent leur symphonie muette
dans le chenal de Caronte
Le monde qui ne sera jamais dans aucune page d’un livre
Le monde qui se fait dévorer là-bas
par quelque bête de l’Apocalypse
Le monde qui tend sa perche
que personne ne saisit
Le monde qui passe à portée des coïncidences
et qui dans la nuit change son lit
pour le rail du dernier chemin