UN JEU D’ENFANT

Entouré d’enfants qui jouent

Je drope avec joie Vieillesse

Un art de grand-père 

Qui amusait Victor Hugo

Instants partagés

Efflorescences

En toute innocence

Je réécoute le violon

d’Einstein on the beach

L’art répétitif de Glass

Mis en scène par Bob

Wilson qui vient

Par cette nuit d’été

De rejoindre l’éternité

MARCOTTAGES

Avancer en âge

Faire de son écriture

Un pur marcottage

.

Les fleurs de l’Art

Sont de belles éphémères

Coupées elles meurent

.

Assis dans l’oubli

Mettre au repos sa mémoire

Sa petite histoire

.

Je parle au papier

Avec un stylo en main

Qui fait des haïkus

.

Défilés d’images

Digressions  et ajoutages

Puis stop c’est fini

COMME UN TABLEAU NOIR


Comme un tableau noir de l’école communale
Le grand art enfantin à coup de craies plus blanches
Qu’un fond de Constellations de Joan Miró
Des étoiles de roses d’un sonnet de Ronsard
Étouffées par la mort qui nous a laissé choir
Un souffle un presque rien le cycle recommence

Comme ce tableau noir suscitant l’enjouement
Étude des trilles des vols d’engoulevent
Bestiaire des faucons hagards et crécerelles

Comme des lignes de naissances successives
Les sillons nouveaux les mottes luisantes les vers
Attirant les merles et les bergeronnettes
Les travaux et les jours la palette des nuits
Le temps qui est à la neige efface ce poème
Qui sautait à la corde d’un temps qui s’est perdu