
JE M’APPUIE SUR DES CHOSES FRAGILES

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

ENTRE LES MOTS ET LES CHOSES
Je me perds dans les mots
Manière de dire
Mots de rien mots de trop
Reusement y a les choses
Les rails du chemin de fer
Les diamants
Les livres qui couchent dans le lit
de la littérature
Quant au narrateur de cette carte
au jeu incertain
entre les mots et les choses
Ne le cherchez pas
Il a fondu dans son rêve
04/08/2020

Une fois une seule Dans le demi-sommeil Je glane le mot "soleil" En fermant à demi les yeux "Soleil noir" de Nerval "Soleil levant" de Monet Sur ma treille déjà le muscat a bleui Mais pour l'instant il agace les dents Laissons mûrir



Faire un poème est une fête où le rituel « organise tout le possible du langage ». Ce peut-être bref, un feu d’étincelles, ou très long, interminable. On essaie, des heures entières, d’arbitrer, en vain, les conflits permanents entre « l’oreille », le son, et « l’esprit », le sens.
La fête finie, que reste-il, si ce n’est ce peu de grains, sur le papier ou dans le sablier d’un recueil, que l’on dit de « poésie ».
« Et nous les os devenons sable et poudre », écrivit Villon, en forme de ballade, pour ses « frères humains », s’attendant comme lui à être pendus.
Il est un autre poète, que tout le monde a oublié, qui, filant la métaphore, se vit, lui aussi, « se la couler douce » après sa mort, dans « l’horloge de sable » :
« Le feu secret qui me rongea
En cette poudre me changea
Qui jamais ne repose. »
Charle de Vion, seigneur de Dalibray.
1590-1652