Sur mes cahiers d’écolier Sur toutes les plages blanches Eluard J’oublie mon nom Petits « mois » Petits pois Que d’émois sur la page ! Écosser Égrener Rimes et babillages Sur ce papier si kraft Qu’il te laisse marron Petits noirs dégustés La nuit où l’on noircit Ses cahiers d’écolier Où l’on oublie son nom En lisant des poèmes Où nous papillonnons
Author Archives: Jean Jacques Dorio
JE PARLE AU PAPIER DES IMAGES PLEIN LES YEUX

Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie Guillaume Apollinaire Pastis pastiche Ivre de nos alcools De vers brisés Notre eau de vie Patchwork in progress Travaux en cours Pièces tissées D’instants précieux Je parle au papier Des images plein les yeux Tropes héliotropes Soleils des nuits éveillées Je vois beau front Doux vis* Visage d’un virelai Chanson nous entraînant En d’autres jongleries Eustache Deschamps (1340-1404)
LOCUTIONS D’UN IMMORTEL
Je ne suis qu’un viveur lunaire Jules Laforgue Je ne suis qu’un heureux mortel Qui fait des vers de mirliton Et cela pour être béton Et devenir un immortel Promenant d’un air amusé Ma gueule de métèque pâle Je chante des romances jouales Sur un luth vu dans les musées Ah ! oui devenir immortel Dans un siècle de charlatans Et sur ma tombe l’or du temps Gravé en lettres tubitèles
JE VOUS SALUE VOUS QUI VEILLEZ
Je vous salue vous qui dormez Robert Desnos Je vous salue vous qui savez Séparer le bon grain de l’ivraie Je vous salue vous qui veillez à démêler le faux du vrai Je vous salue hommes d’argile Dont la vie est longs exercices Essais Savoirs toujours fragiles Travaux en cours de votre espèce fabulatrice Je vous salue femmes de rêves Femmes de plumes de pourquoi De mère sublimées en Ève De donas de l’amour courtois Je vous salue vous qui dormez Qui flottez dans vos nuits de doute Ou bien assis au bord des routes Amours splendides vous rêvez Je vous salue vous qui aimez Compagnons gentils hors de vilités (pensées viles) Fleurs de beauté à céleste visage Ainsi finit mon babillage Citations Nancy Huston (l’espèce fabulatrice) Rimbaud (Ma bohème) Rabelais (l’abbaye de Thélème)
LE POÈTE L’HISTRION & L’HISTORIEN
Ce m’est douleur dolente et dure Rutebeuf Ce m’est doux leurre Amorce d’une fausse complainte D’un Enfer imaginé par Dante Nella citá dolente « Vous qui rime me demandez » Ce n’est pas l’heure de se lamenter À l’exemple de Job « raillé par sa femme » Dans un tableau de Georges de la Tour Ce m’est doux leurre De broder ces aimables détours Dans une France rance et moisie Par l’horrible Zémour * Complément Non l’histrion n’aura pas le dernier mot "L’historien n’en veut pas de ce dernier mot : Il est là pour restituer à ces vivants d’hier l’indétermination de leur être, la plasticité de leur temps, l’ouverture de leur avenir. Loin de sceller les sépulcres ou d’apposer les sceaux de la fatalité, L’HISTOIRE EST UNE ÉCOLE D’AVENIR." Johann Chapoutot Que sais-je ? Les 100 mots de l’Histoire