HISTOIRES ENCHEVÉTRÉES

On n’oublie pas le roman des familles

Les serments sous les charmilles

Le petit chien Milodiou

Aboyant à la lune

.

On n’oublie pas  la mémoire d’un lieu

Une maison à l’écart du village

Son puits d’eau fraîche

Même l’été

.

On n’oublie pas les animaux qui nous entouraient

Cochons couvées chiens de berger

Vaches et boeufs chevaux

Images passant du coq à l’âne

.

Histoires enchevêtrées rapportées sans bâillon

Sans ciller ni scintiller

Une colombe dans la tête

Volant loin des musées

LE PRINCE DES ÉPÎTRES

Je relis Marot

Le prince des épîtres

J’écris haro

Sur le baudet

Je fais le pitre

.

Je pointe Poutine

L’affreux Nain jaune

Au cerveau reptilien

Massacrant le peuple

Héroïque Ukrainien

.

Je ressors mes carnets d’écriture

Vieux d’une décennie

Je redécouvre des textes touchants

Ou ratés :

Je me dis que l'auteur 
de l'adolescence clémentine
m'aiderait à faire le tri


.

CHAQUE PAGE BLANCHE M’EST INCERTITUDE

CHAQUE PAGE BLANCHE  
m’est incertitude Mais sans garantie aucune je m’y lance pour pratiquer cette action insensée : mesurer l’impact des mots qui vont s’écrire sur mes affects mes idées d’un instant qui ne font que passer Au hasard d’une nécessité ? Je ne sais…mais j’essaie de la laisser se composer Page blanche, vierge et vivace en ses attraits Et puis perdue dans un vol trop heurté ou quelquefois dotée d’un charme mystérieux Celle-ci, comme bien d’autres aura été pour le moins esquissée transférant les incertitudes qui me nourrissent de la main au papier.


Un nouveau dictionnaire à part moi page 28
Avec l'ajout d'une hypnographie




Une autre page éphémère donnée uniquement sur mon blog poésie mode d'emploi 

DEVANT LA PAGE PERSONNE

morceaux tissés d’une attention formelle
mais sans se formaliser outre mesure

peignant le passage d’un mot à un autre
lambeaux cousus d’ontologie héraclitéenne
d’atomes dansant la gigue
la maclotte qui sautille
la marelle terre ciel
des petites filles en fleurs

au point que ce texte
puisse donner l’impression
d’un mélange de doctrines diverses
d’un doute sur la philosophie
qui vraiment le soutient

le pinceau qui le peint
le pain de seigle, d’orge
qui le nourrit

la pression du noir
sur la page
jadis blanche…

CE SONT DES PHRASES DÉCOUSUES

CE SONT DES PHRASES DÉCOUSUES
des bribes venues de la mémoire qui se démémorise, anticipant qui sait ? nos errances dans la forêt d’Al Zheimer, ou bien, dans une visée plus paradoxale, des phrases que l’on laisse aller dans « une vie glissante, sombre et muette », tel que l’écrivait l’auteur des Essais. Ce sont des phrases rapiécées, issues de pièces d’un théâtre intérieur et d’une poésie aux poches trouées. Ce sont des phrases que l’on oublie au fur et à mesure qu’elles apparaissent dans nos rêves nocturnes en « zone de fortes turbulences oniriques. »


Un nouveau dictionnaire à part moi p 27-28

CAUSERIE

CAUSERIE 

J’ai perdu Baudelaire.
Je l’avais dans les mains, pour vérifier un vers, et puis, le temps de le descendre de la bibliothèque pour la table en plein air de l’été, on m’appelle, on me hèle. Je ne sais plus où j’ai posé cet exemplaire des Fleurs, acheté du côté d’Ulm, après l’oral de Lettres de ma fille, en juillet 2007.
C’était un sonnet.
Vous êtes bien avancé.
Vous êtes dans l’Iliade avec ses doigts de rose.
Vous êtes devant votre ordinateur qui s’éclaire.
Vous êtes un ciel qui sourit à cette Causerie :
Vous êtes un beau ciel d’automne, clair et rose !


Un nouveau dictionnaire à part moi page 25-26