DORIO JJ (un dictionnaire à part moi)

UN DICTIONNAIRE À PART MOI
Jean Jacques Dorio
Les Editions du Net

Le livre vient de paraître : il est disponible sur tous les sites internet de vente de livres (exemple La Fnac) et sur demande chez votre libraire 


Des fragments autobio-sémantiques, un abécédaire singulier où le plaisir de l'écriture ne nous quitte pas. On déambule aux détours des lettres et des mots et on découvre des alcôves lyriques, géographiques et poétiques. Prose ou poésie ? Abécédaire ou Autobiographie ? Provence ou Ariège? Tout n'est qu'hybridité pour le plus grand plaisir du lecteur. 

Camille Blancher  

DORIO JJ

Qu’importe mon nom or ou cuivre
Perle ou goutte d’eau dans la mer
Victor Hugo
 
La folle de Chaillot je ne sais plus qui c’est
Tayaut tayaut tayaut
Le roi de la Pampa ça je connais bien mieux
Queneau Queneau Queneau
Fabliaux sur les parvis poèmes in-folio
Mon dictionnaire de rimes ne connaît pas Dorio
Yoyo yoyo yoyo 

Mes poèmes ne racontent pas d’histoires,
mais mes histoires y figurent,
fragmentées, mouvantes,
miscellanées cousues d’un fil d’or (io),
que je m’efforce de rendre invisible.

voix Dorio JJ sur une musique de Gato Barbiéri « Le roi de la pampa »

HISTOIRES SUR HISTOIRES

Pourquoi vivre isolé concourt à enchaîner 

Histoires sur histoires 

(Presque aucune d’ailleurs n’atteignent mon papier) 

 

Elles voguent, elles flottent, elles alimentent 

Nos joies passées, qui reviennent à l’improviste. 

 

Mon dieu, ça fait une éternité, que je n’avais pas revu 

La figure de Paillasse,  

Un fétiche que j’arborais en parcourant le grenier 

Où s’entassaient les Dépêches, Midi Olympique, 

et les partitions des chanteurs populaires. 

 

LITTÉ sans RATURE

et tout le reste est littérature
Verlaine
C'est toujours comme ça la littérature
ça en fait des histoires
des fables et des poèmes

C'est toujours un surplus qui coule 
comme le bon grain 
du livre de l'ivraie
Bon c'est un peu poussé
Faudrait peut-être
Que je rature

Ça ferait mieux
littérature

 


main écrit
premier jet








ALICE HORS DU TEMPS TRAVERSE LE NON-SENS

– Faut être louf pour lire Alice à cent sept ans

dit Père Noël à Mère l’Oie en sortant de la mare;

ils boivent les paroles traduites de l’anglich

et trinquent à Confusion dans un fracas de verre.

Grandir rapetisser c’est ce qui arrive aux v/d/ieux,

en suçant des gâteaux trempés dans l’eau de vie.

Ils lisent le passage où Chenille bleue suçant le narguilé

questionne notre héroïne : Mais toi qui tu es ?

– Je je ne sais plus très bien dit Alice.

Jé J’étais une petite fille quand je me suis levé ce matin

Mais Mai Paris Mai depuis j’ai subi tant de transfoformations

Que je je m’y perds. – Voyons, dit Chenille bleue, pour rassembler

tes Esprits, récite-moi « Vous êtes vieux Père William »

Alice soudain inspirée anticipe une chanson française

des années Caussimon-Ferré : « Monsieur William

vous manquez de tenue Qu’alliez-vous faire dans la V° av’nue ? »

Cette histoire continue à n’avoir ni queue ni tête

disent les vieux loufs, et leur sourire reste en suspens

un bout de temps entre deux pages de papier thé.

-Voilà ce qui se passe

Quand on s’nourrit de mélasse

dit la belle Métisse à Alice.

Père Noël et Mère l’Oie tirent leur dernier trait.

Ils sont assis en haut du pré

où tintent les clochettes des enfants buissonniers.

On entend une voix qui court comme le furet et chante

Ô mio tesoro  il est tard beaucoup trop tard

Il fallait s’arrêter à sept ans de te raconter des histoires

-Pas du tout d’accord dit Alice qui pioche un valet de cœur

avant de se glisser toute nue dans le lit de la Reine.

-Et maintenant parlez-moi du Danemark dit-elle.

Mais ceci est une autre paire de manches

Le spectre de Lewis refuse cette version

To be or not to be ce n’est pas la question.

Alice hors du temps traverse le non-sens

Des énigmes sans réponses : Je ne crois pas

que les histoires soient jamais achevées.