LA MÉMOIRE EST UN PUITS SANS FOND

Numérisation_20190716 (2)
la mémoire est un puits sans fond illusoire est le regret de ne pas retenir les mille et un mots qui ont tissé nos vies les visages et les voix et le grain enfoui
la mémoire du chat sous mes yeux qui saute à qui mieux mieux vers les mouches de nuit
la mémoire du coq
la mémoire des morts
la mémoire d’un spectacle qui nous enchanta
la vie rêvée le rêve d’une vie
la mémoire des mains dans la grotte de Gargas
la mémoire d’un air de jazz à Châteauvallon
lles volutes du cigare de Mingus
et le pin sous la lune d’Antibes
la mémoire auditive répétée des indiens panaré
la mémoire des enfants psalmodiant du prévert du villon et du jules supervielle
la mémoire absente des têtes sans passé ni avenir
la mémoire des lunes successives
la mémoire enfin que coupe la faucille du long temps

LES CHOSES ESSENTIELLES

LES CHOSES ESSENTIELLES

Les choses essentielles nous voulons les dire  avec des poèmes

– Quelle prétention! –

Les choses essentielles et leur Beauté

Qui n’existe ni ne préexiste mais qu’il faut forger

La Beauté et ses mille façons qu’ont les Poètes de la côtoyer

Ou de l’éreinter

Les choses essentielles nous voulons les dire avec des poèmes

Contradictoirement et légèrement…en cette seconde vie

Que le rêve révèle  et que le verbe dit

COMME PAR UN JOUR DE FÊTE

COMME PAR UN JOUR DE FÊTE – Jean Jacques DORIO – Vos poèmes – Poésie française – Tous les poèmes – Tous les poètes

COMME PAR UN JOUR DE FÊTE

Comme par un jour de fête

Mais une fête sans fétards

Comme par un jour de flammes

Qui ne brûlent aucune chair

Comme par un jour de répit

Comme un jour de sablier

Heures fondues grain à grain

Comme par un jour où l’on se livre à la lecture

En silence sans remuer les lèvres

Comme par un jour de vent mistral

Ouvrant les rides des pages

Comme par un jour d’incertitudes

De points d’écoutes divergentes

Filant doux l’ironie :

Par le chien! Par Zeus!

Comme par un jour sans fin

Un jour à lire Shakespeare à son chat

Comme par un jour d’éternité

C’ÉTAIT QUOI TON RÊVE ?

c’était quoi ton rêve ?

tu voyais ta maison d’enfance

côté jardin

c’était quoi ton rêve ?

tu courais dans les llanos

à la poursuite d’un tatou

c’était quoi ton rêve ?

on entendait le sifflet d’un train

te conduisant à Macchu Pichu

c’était quoi ton rêve ?

la pluie mêlée aux larmes

et deux vers de saison

que tu te répétais

c’était quoi ton rêve ?

tu revoyais ces bœufs

emportés par l’Arize* en crue

*rivière qui passe à La Bastide de Besplas (Ariège)

  c’était quoi ton rêve ?            

de l’alambic coulait

la blanche aigardent*

*eau de vie (occitan)

c’était quoi ton rêve ?

les sabots de ton père

cloc cloc les esclòps

c’était quoi ton rêve ?

tu entendais autour de minuit

le chot* du grenier

et tu te fétichais

 *chouette (occitan)       

c’était quoi ton rêve ?

le tambour du garde champêtre

au milieu de la place

qui servait de cour d’école

annonçait la venue du cirque Besson

qu’on se le dise !

c’était quoi ton rêve ?

tu le sais bien

ces images qui comme tes pages

disparaissent au fur et à mesure

de leur lecture

c’était quoi ton rêve ?

le rêve de ce rêve

où tu entrais dans l’arène

la reine des abeilles*

*Claude Nougaro

À LA BASTILLE ET EN FOULE

14 | juillet | 2007 | POÉSIE MODE D’EMPLOI

QUATORZE JUILLET

Pas à pas dans la nuit

Un chat guette son ombre

Mais il se trompe de nuit

C’est une nuit sans ombre

C’est une nuit d’éclairs

De soleils et de bals

De jazz au Chat qui pêche

Et de java aux Halles

C’est une nuit d’juillet

De Jules et de Juliettes

Et de drôles de zèbres

Peints par Vincent en Arles

Ils écrasent les chats

Avec leurs pas de danse

Pas à pas dans la nuit

Ces lignes ont bougé

Mais l’Histoire ne dit pas

Comment les achever

Ce n’est pas le sujet

Dit jeunesse qui roule

Et qui chante Mimi

Où ça ?

À Bastille et en foule !