JE M’ABANDONNE À LA NAÏVETÉ
Je m’abandonne à la naïveté
et à toujours dire ce que je vois,
et par tempérament et par discours,
laissant à la fortune de conduire l’événement.
Montaigne (revisité ce 17/10/2019)
Je regarde les nuages qui passent
et un avion avec sa fumée en panache
derrière sa queue.
Je regarde une libellule posée sur l’amandier
- que fait-elle encore à rôder ainsi un 14 octobre ?
Je regarde le temps en suspens
me balançant dans mon hamac.
Puis je ferme les yeux au monde qui m’entoure
reprenant la lecture du livre sur lequel
j’ai écrit ces lignes dans les marges.
Author Archives: Jean Jacques Dorio
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accompagnement au piano Léo Cotten

enregistrés cet été
au studio Le Petit Mas Martigues
photo Noémie Dorio
vous pouvez enregistrer cet extrait mais pour profiter d'une écoute de meilleure qualité
et surtout pour soutenir un projet original hors de tout circuit commercial
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Livret des textes des chansons (9 Dorio+ 9 Victor Hugo+ 1 Jean Claude Di Ruocco)
réalisé par Jean-Claude Di Ruocco
en échange de 15 €
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adressée à
Jean Jacques Dorio
9 rue de la Bergeronnette
13500 Martigues
(tiré à 100 exemplaires 80 restants)
GUÉRIR LA VIE

REVUE L’ARBALÈTE
été 1948
GUÉRIR LA VIE
(texte en cours)
les livres sont mes plus fidèles compagnons
les copains d’la neuille comme chantait ferré
les amis du chemin de ronde de mes nuits sans horloge
les livres j’en ai partout de la cave au grenier
je dis ça comme un symbole car de cave n’eus jamais
quant au grenier c’était pour y monter les sacs de blé
des terres semées par mon père
et moissonnées par la communauté paysanne
les livres cette nuit j’en ai dégoté un précieux
qui se cachait sous une pile de journaux d’un autre temps
un très rare certainement aujourd’hui pour le grain de papier
et son tirage sur une presse à bras par marc barbezat à lyon
son titre l’arbalète tout un poème d’arc et de baliste
– du grec ballein : lancer – un livre lançant les flèches d’artaud
qui demandait que l’on aliénât l’acteur
un livre publiant une pièce de lorca
« lorsque cinq ans seront passés » asi que pasen cinco años
un poème en forme de bateau et de femme de roger vitrac
une lettre-orangé d’henri pichette et bien d’autres merveilles
c’était l’été 1948 j’avais trois ans
mon dieu quel plaisir inouï de l’écrire en lisant
en silence pour guérir de cette vie en pensant à rien d’autre
en recopiant une phrase choc d’antonin artaud
le théâtre est l’état, le lieu, le point, où saisir l’anatomie humaine,
et par elle guérir la vie
une conférence du 18 juillet 1947 où artaud le momo disait
avoir frôlé l’ouverture de mon ton de cœur
JE NAQUIS EN ARIÈGE
Je naquis en Ariège
En quarante-cinq Ah
Ris ai-je dit au chat
Qui la langue me tire
Mon père labourait
Semait le blé et l’orge
Ma mère cuisinait
Les produits du jardin
Le poulet le lapin
Le canard le cochon
L’omelette des poules
La soupe au lait des vaches
Que mon père trayait
Fils unique j’étais
L’espoir de la famille
Instituteur serais
Rien de moins rien de plus
J’apprendrais za compter
Lire faire pâtés
D’encre Bâtons et lettres
Aux marmots de l’école
Plus de porcs de couvées
De labours de semailles
La mort des paysans
La vie d’un enseignant
Et voilà tout est dit
Le chat s’est endormi
Je lui ai donné ma langue
Et cet écrit étrange
Des débuts de ma vie
Avec les animaux
Les projets de mes vieux
Confidences à mi mots
Pensées les yeux fermés.
Sans flonflons ni enflure
Entre rires et pleurs
Maintenant que les fleurs
Des fêtes de nos vies
Ne sont plus qu’avenir
Au passé aboli.
IL Y A LONGTEMPS QUE JE NE T’AI PAS ÉCRIT POÈME

toujours sans ratures
mais la version ici donnée
a été longuement réécrite
avec les touches du clavier azertyuiop
IL Y A LONGTEMPS POÈME…
(en cours d’écriture)
*
Les poèmes sont des poteries tombées de la main de leurs créateurs et qui se sont brisées.
Chacun en ramasse un fragment et y cherche sa vérité.
( variation d’un aphorisme de Rûmi poète persan du XIII° s)
*
il y a longtemps que je ne t’ai pas écrit poème à la gomme
poème à la noix tout de guingois
il y a longtemps que je t’ai pas fait gîter sauter remuer tête et pied
il y a longtemps que je ne t’ai pas confronté à la poésie universelle
ton absence trop longue me déchire le cœur
il y a longtemps que je ne t’ai pas accordé aux six cordes de ma guitare
au luth plaintif au piano du pauvre se pend autour du cou de Madame la Misère
comme chantait le grand Ferré
il y a longtemps poème que je ne t’ai pas attaché à la queue du grand chien
de l’ourse ou de la constellation de la lyre
il y a bien longtemps que tu n’as pas fait rire et pleurer ma bien aimée
avec tes vers qui hésitaient entre charmes et larmes
il y a longtemps que je ne t’ai pas revisité dans un haïku de Bashô
la route où après moi nul ne passe
il y a longtemps mais cette nuit d’automne je la passe sous le drap
sans toi grelottant …