Trop de questions tuent le poème Mais aucune l’anémie Des mots parlant s’offrent à mes lèvres Mais je les refuse et le poème fond Si je les admets tous le poème fait ronron Il n’est jamais content…le cochon !
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Trop de questions tuent le poème Mais aucune l’anémie Des mots parlant s’offrent à mes lèvres Mais je les refuse et le poème fond Si je les admets tous le poème fait ronron Il n’est jamais content…le cochon !
J’ai deux textes sous mes yeux, un sur la forme, l’autre sur le côté apocryphe de toute langue poétique. Mais je vais les laisser reposer, ils sont trop informes pour les donner à lire tels quels. Hier j’ai vu deux choses dignes d’intérêt, un renard et un bateau. Le renard a pointé son visage par-dessus la haie du jardin de la maison dont je suis l’hôte, 23 Perrers Road, au sud-ouest de Londres : ce fut un éblouissement qui fit battre le cœur. Une heure après, j’étais à la National Gallery, devant la toile de Turner, où un remorqueur à vapeur tracte l’imposant navire à voile le Téméraire pour l’envoyer à la casse. Il y a presque douze ans, je me trouvais cassant ma plume, comme en état de médium devant le même tableau. La forme, la langue apocryphe, Goupil, Turner, le Téméraire. La suite au prochain numéro.
Pour Hélène en particulier J’écris des poèmes à tire larigot Trop Mais ceux qui les lisent en sont réjouis Ils ne sont pas l’enfant d’une nuit d’Idumee Bien qu’ils naissent la nuit sous la lampe protée Ils ne sont pas non plus le prince des nuées Qui hante la tempête des mots contre les choses Ils passent isolés, ignorés de l’élite, Mais non de celles et ceux qui cherchent la douceur D’un moment d’existence où s’atténuent nos maux Londres 4 janvier 2023
À refaire, avait disparu de ma mémoire, c’était pourtant, un petit texte me le rappelle, ce que l’instituteur marquait parfois dans la marge marqué d’une croix rouge. Avec du sang de rouge-gorge sur les doigts / le professeur corrige ma rédaction. Une chanson de Gilles Elbaz que j’ai eu la chance de croiser dans ma vie. Avec lui, une nuit dans un café de Saint Germain on avait échangé une guitare chantant Brassens. Et si c’était « à refaire », je recommencerai.
En ce pays où tout se perd au gué de l’an sans loupiote Alice compte et recompte sur trois doigts maux et merveilles pour y voir un peu plus clair Les années les absents les abeilles les questions et les Quichotte Les trois mondes les trois Parques sont toujours là Ogres Guerres et Gorgones Mages Sirènes Foules folles Maldonne et naufrages Passantes ensevelies dans tout ce noir sans visage Que faire Que faire alors trois p’tits tours et puis s’en va ? Mais soudain à mille bras chevelures déployées les voilà qui lui font signe Femme Vie Liberté Elle conte elle murmure leurs trois mots comme on espère. Jacqueline Saint-Jean 31 décembre 2022