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Comme au bon vieux temps quand nous parlions littérature
-Et qu'est-ce que tu écris en ce moment?
Un petit roman sur les dernières paroles prononcées ou écrites par la main du défunt
Comme au bon vieux temps quand nous parlions de nos amours
En buvant un bourgogne de derrière les fagots
Sur un cassoulet façon mère Dorio
Comme au bon vieux temps quand nous parlions politique
Du matérialisme des superstructures
Et de la puissance des masses
Qui s'excusaient de ne rien comprendre à nos laïus
Comme au bon vieux temps quand nous chantions
à qui mieux mieux
le déserteur et le gorille ta Cathie t'a quitté
et ce fameux trois mâts fin comme un oiseau
Comme à la fin des temps quand nous ne parlions plus
pour cause de cancer du larynx
Mais que sur notre ardoise d'écolier nous faisions tinter nos craies
pour un dernier message : estos días azules y este sol de la infancia
« ces jours d'azur et ce soleil de l'enfance »
dernier vers qui dit-on fut écrit par Antonio Machado à Collioure
Rien n'était écrit
travail en cours
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SELON SELON
Selon Saussure, le linguiste genevois, le premier homme à porter un chapeau disait, le mot n’existant pas, qu’il avait sur la tête un corbeau.
Selon l’ethnologue Michel Prin, le rituel de fin de vie des Caribé se déroule ainsi.L’indien piqué à l’index et saignant abondamment, est plongé dans le Rio Cuchivero. Les piranhas se chargent alors de le transformer en un squelette dansant son ultime gigue.
QU’EST-CE QUE LE FEU ?
Qu’est-ce que le feu ?
Une voix de chien agaçant la nuit
Qu’est-ce que la nuit ?
Des maux que l’on cache sous d’autres mots
Qu’est-ce que le mauvais rêve ?
Un enfant qui court la tête dans ses mains
Qu’est-ce que le bon rêve ?
L’utopie traduite en vers de dix pieds
Qu’est-ce que l’utopie ?
L’euphorie le fou rire le rouge phénix
Qu’est-ce que l’écriture ?
Des greffes sur des livres sans fin
Qu’est-ce que la culture ?
Une mousse de savon noir
Qu’est-ce que le feu ?
La dernière porte ouvrant sur la nuit
À CHAQUE PAGE UNE PARTIE SE JOUE
À chaque page une partie se joue Avant de commencer on ne sait laquelle À chaque éveil que nous fait le coup des insomnies Cette nuit c’est le jeu du fugitif Il se cache dans une cuadrilla qui s’avance dans le ruedo Ou bien il joue de la clarinette pour animer les débats Sur l’arène sans glas des cinq cœurs du soir planent sept milans ou peut-être des buses Et après sa mise à mort les mules et leurs grelots font tourner le taureau Comme une toupie
Un nouveau dictionnaire à part moi
(en cours d’écriture vos commentaires sont les bienvenus)
LE RELAIS
Tout est confus, insaisissable.
Le sommeil dans la nuit passe sans bruit.
Chevaux du temps hantent les rêves.
Des oiseaux teints de rouge piquent leur dos.
Tout cela on dirait se fait sans moi qui prose ces vers maladroits, mais qui parlent parfois à l’oreille d’une autre.
C’est du moins ce qu’elle m’écrit quand elle prend à son tour le relais.