J’ai écrit sur tout et sur rien bien avant de t’avoir connue Mais après ta mort qui m’a laissé sur le c. (pardon mon amour pour « le gros mot » suggéré) Écrire pour continuer à vivre est devenu mon viatique ma p’tite folie Plus que jamais et dans la nuit Je forge à ma manière ces Essais Nés pour Montaigne aussi de la mort de son ami La Boétie Celui qui, à ma connaissance, fut le seul vivant à appeler son épouse ma semblance Plus que jamais Mes paroles ont semblance d’un homme qui sème sur un chemin voué à l’effacement
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AMAS DORÉS D’IMAGES ET D’UNE QUESTION

QUESTION POUR UN AMATEUR (de poésie) On a des armes pour rire Et un cœur pour mourir Encore un diptyque Qui te laisse baba Mais qui était donc ce type Dont les fenêtres brillaient Comme des yeux Avec des suites aussi banales que Le général est un vieux monsieur MÉTAPHORIES Je me meus me déplace D’un mot à l’autre Dont je transpose les sens Amas dorés d’ombres et d’abandons 1 -Mais pour quel intérêt ? demande Monsieur Perplexe. -Mais c’est parce que c’est la seule manière de rendre le mouvement et la vie ! -Comme c’est étrange, Ajoute Perplexe -Et oui, cher professeur, ce n’est pas du langage courant après l’ombre des morts vivants. 1 Paul Valéry Dormeuse NOIR CARNET Mon carnet commencé le 23 novembre 2021 De l’année précédente S’achève ce deux janvier 2022 Sa page dernière est cornée Un participe sujet à de multiples interprétations Qu’il est inutile ici D’écorner
LE MOT FIN
-Vous savez ma chère Céleste il est arrivé une grande chose cette nuit… -Monsieur je ne sais pas ce que cela peut être -Eh bien je vais vous le dire J’ai mis le mot FIN Maintenant je peux mourir Céleste Albaret Monsieur Proust J’ai encore essayé cette nuit, non sans mal, de compléter mes alphabets J’ai encore essayé comme de coutume en lisant, en écrivant, en suspendant de longues minutes ces deux activités J’ai mis à mal le sommeil et son arc-en-ciel Ma griffe a labouré les codes et les cadres Comme le font contre les écrivains du dimanche Les poètes du lundi matin Et puis dans la fumée sans feu J’ai écrit le mot FIN
AI-JE DE LA CHANCE ?
Il est si vulnérable qu’il prendra l’habitude de la solitude comme le seul moyen de protection, la seule arme. Jean Cayrol (Pour un romanesque lazaréen) 1949 J’ai de la chance Ma solitude réelle, contextuelle, Me donne accès à de grandes plages de lectures Mêlées à mon écriture incertaine, mais nécessaire, J’ai de la chance De pouvoir écouter les podcasts Des radios du Service Public, Dopé par l’inflexion des chères voix qui se sont tues, Et par celles (rares et précieuses) qui continuent J’ai de la chance De disposer à ma guise de concerts et de films, De paysages fleuves, faune et flore, Qui s’affichent sur mon écran (Hier une chanteuse brassait divinement l’air du lamento de la ninfa) Ou bien c’est du djèzz Comme le prononçait Amstrong (Louis) Chanté par Nougaro (Claude) J’ai de la chance De ne pas mourir complètement idiot Que je l’écrive blanc sur noir Ou bien noir sur blanc Tengo suerte La chance de ceux qui font de leur sort Joyeux hasard d’une secrète nécessité
ÉCRIRE COMME POUR NE PAS ÉCRIRE SUR LA MORT D’UNE AMIE
Ce n'est pas de mourir que nous mourrons. Andrée Chedid
Tu as fait tout un livre sur Oui que tu m’as généreusement dédicacé Pour ta mémoire J’évoque ton nom « Écrire pour ne pas mourir » Chantait Anne Sylvestre Écrire je t’aime sur le pain le levain le sexe disais-tu Écrire sur tous les noms de nos vies blanches Quand elles ont rejoint le paradis des Trépassés Qui ne vibrent désormais plus Que sur les lèvres des vivants Balbutiant sous la cendre Et coulant le miel de nos « Feuillets d’Hypnos » Tu as dit Oui Juste une pierre noire Sur une pierre blanche Ajoutait Cesar Vallejo Un soir qu’il se souvenait Qu’il mourrait à Paris « con aguacero » Un jour d’orage Une nuit où le signe paraît sur une ligne rouge sang vie, vie sang mêlés… vie mêlée à la mer dans l’amer de la mort et le goût jusqu’à la ligne dernière de l’Éternité titre : Jeanine Baude était une « connaissance » mais pas « une amie » ; le titre est à prendre dans son sens général. italiques Jeanine Baude Oui (la rumeur libre 2017) et Juste une pierre noire ( Bruno Doucey 2010)