Quatre roues de fortune L'une pour le midi Et l'autre pour Janus Autour de deux soleils Le noir Nerval Le rouge Hugo Hourrah! C'est l'alliance des contraires Voix intérieures Sautant le mur Des prouesses des poésies 15 mars 2015 3h16 * Tu ratisses des soupirs Pour réveiller tes feuilles vierges Pour les éclabousser du rouge Des cerises premières Ton jardin est une crique Sel de la terre Tu ratisses aussi des rires Des mouettes qui tournoient Dans l'orbe de tes syllabes 13 mai 2015 5h41 * à ton chevet ton cheval à pied d'oeuvre manquant à chaque ligne de dérober dans la fange ou le roc l'étincelle des sabots ou l'empreinte de l'argile adamique 28 juillet 2015 1h57 ces poèmes ont été publiés dans la revue La Passe en 2015
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QUELQUES LIGNES POUR UN POÈME
il faut peu de lignes pour faire poème il s'agit de composer avec des cantilènes écrites par un.e autre que toi sur des braises que tu tisonnes "tel jour telle heure en telle année"* Ce soir par exemple entouré d'"espigaous" qui se balancent au vent léger tu regardes ton rosier sévillan au rouge presque parfait et tu laisses les fourmis manger tes pieds *léo ferré assis au jardin 15 juin 2020

JE TIENS REGISTRE DE MES FANTAISIES
JE TIENS REGISTRE DE MES FANTAISIES
Je ne puis tenir registre de ma vie par mes actions,
fortune les met trop bas; je les tiens par mes fantaisies.
Montaigne
Je pousse les mots un à un
comme brins de tabac
dans la pipe cubiste
de Guillaume Apollinaire
Je pousse mémé dans les orties
Ma grand-mère les cueillait religieusement
et les passait au volant
pour nourrir ses aucous
– ses petits oisons cacardant –
Je pousse une à une mes citations
qui me somment de penser
de rêver de résister
au monde brinquebalant
Je pousse la chansonnette sous la Croix du Sud
un joropo llanero du Venezuela
buvant de petites bières glacées
sorties d’un frigo marchant au kérosène
Je pousse la porte bénie des insomnies
me détachant de moi
tressant la geste anthologique
de Montaigne & Compagnie
https://www.youtube.com/watch?v=NdeT4AZ5gWM pajarillo : oiselet un joropo musique du llano vénézuélien parcouru et vécu avec émotion dans une "vie autre"
À MA BONNE AMOUR ET LÉAL AMIE

ICI OÙ JE ME TIENS
Oiseau tranquille au vol inverse oiseau
Qui nidifie en l’air
Guillaume Apollinaire
Perdu dans mes pensées
Je laisse aller sans m’y arrêter
les idées qui viennent
et puis qui passent
Ici où je me tiens
Loin du monde saturé de bruit
et d’interminables querelles
Avec cette confiance
venue d’enfance
et de la longue fréquentation
des grands chants
de bone amour et de leal amie
Ouvert à la littéralité
aux multiples sens posés
qui douent ainsi d’authenticité
notre humaine et si fragile condition
JE NE SUIS PAS NÉ D’HIER
suivi de 1945
Je ne suis pas né d’hier
Je ne suis pas né de la dernière pluie
Je ne suis pas né au temps de l’invasion de la Sicile par les ours du cirque Buzzati
Je ne suis pas né de la reproduction sur un catalogue d’un tableau sur la nativité
Je ne suis pas né de madame la marquise celle qui sortit à 5 heures ou celle de Tout va très bien !
Je ne suis pas né d’un chapeau
Je ne suis pas né d’un cadavre exquis (encore heureux)
Je ne suis pas né de madame Bovary
Je ne suis pas né d’une bouteille à la mer lancée par le poète des Correspondances
Je suis né une nuit de mars 1945 45 jours avant la Libération
1945
« Chaque mémoire individuelle est un point de vue sur la mémoire collective ». Maurice Halbwachs
Je regarde la liste des copains et copines né.e.s comme ma pomme l’année de la Libération. Du 1° janvier au 31 décembre, ça fait pas mal de croix déjà qui illustrent leur deuxième date, la fatidique, celle où ils ont rejoint ad patres. J’avais fait une liste interminable que d’un clic j’envoie paître.
Que reste-t-il de mes rencontres ?
Une réelle, celle de Gérard Pierron chantant Gaston Couté dans une grange au festival d’Avignon, et qui m’a donné le virus ; j’ai toute l’œuvre écrite de Couté. Je vous livre ci-dessous une des chansons que j’ai mise en musique Le déraillement.
D’autres répétées souvent réitérées :
Dany Cohn-Bendit : « Une chanson de 68 Le rire de Dany Cohn-Bendit Faites l’amour pas la guerre faites sur les murs mille poèmes… » sur mon 1° CD. Un reportage plein de tendresse et de compréhension, sur la question impossible ; qu’est-ce être juif aujourd’hui ?(vu ce mois de juin 2020).
(Parenthèse : lire la sociologue Nathalie Heinich, qui donne, à mon goût, beaucoup de sens à la question : l’identité à l’épreuve de la judéité (in : ce que n’est pas l’identité.2018) et le remarquable et très touchant (on ne peut que pleurer par instants) : Une histoire de France. 2018)
Keith Jarret que je préfère écouter que voir sur Youtube se contorsionner.
Sylviane Agacinski, la philosophe, épouse de Lionel Jospin, durant la campagne malheureuse de 2002.
Elle fit à la suite un livre « assassin », notamment pour ce champion de la déconstruction, qui au premier tour « par mauvaise humeur » n’avait pas été voter :
« Je lis dans Libération que Jacques Derrida n’a pas voté au premier tour « par mauvaise humeur contre tous les candidats ». L’humeur donc, encore et toujours ! Elle revient sans cesse dans ce journal. Mais je ne pensais qu’elle pût être décisive un jour d’élections. Espérons au moins que le philosophe aura retrouvé sa bonne humeur au second tour, face aux candidats Chirac et le Pen. »
UN DICTIONNAIRE À PART MOI Patchwork in progress Jean Jacques Dorio
paroles Gaston Couté
musique et voix
JJ Dorio