JE NAQUIS EN ARIÈGE









Je naquis en Ariège

En quarante-cinq Ah

Ris ai-je dit au chat

Qui la langue me tire

Mon père labourait

Semait le blé et l’orge

Ma mère cuisinait

Les produits du jardin

Le poulet le lapin

Le canard le cochon

L’omelette des poules

La soupe au lait des vaches

Que mon père trayait

Fils unique j’étais

L’espoir de la famille

Instituteur serais

Rien de moins rien de plus

J’apprendrais za compter

Lire faire pâtés

D’encre Bâtons et lettres

Aux marmots de l’école

Plus de porcs de couvées

De labours de semailles

La mort des paysans

La vie d’un enseignant

Et voilà tout est dit

Le chat s’est endormi

Je lui ai donné ma langue

Et cet écrit étrange

Des débuts de ma vie

Avec les animaux

Les projets de mes vieux

Confidences à mi mots

Pensées les yeux fermés.

Sans flonflons ni enflure

Entre rires et pleurs

Maintenant que les fleurs

Des fêtes de nos vies

Ne sont plus qu’avenir

Au passé aboli.

IN AETERNAM

la chanson est en ligne ci-dessus interprétée par Jean Jacques Dorio au piano Léo Cotten

 

Écoutez la chanson timide
De vers anciens
Elle est discrète et très fragile
Un petit rien
 
Écoutez la chanson secrète
Des vers sans rimes
Elle est cachée Une bluette
Dans la nature
 
Écoutez la chanson mezzo
Sans vers ni iambes
Ma no troppo elle est baroque
Viole de gambe
 
Écoutez le couplet qui fuit
Ce court instant
Et que Chansons vous accompagnent
In aeternam
 




PAROLES ET MUSIQUE JEAN JACQUES DORIO


ll’album vient d’être enregistré
au studio Le Petit Mas (Martigues)

je l’envoie par courrier postal
contre un chèque de 15 euros
adressé à

Jean Jacques Dorio
9 rue de la Bergeronnette
13500 Martigues



Et que chansons vous accompagnent
In aeternam !





PAPIERS D’IDENTITÉ

Nos papiers d’identité ont leur verso d’ombre et de rêve, où chaque vie secrète brûle et s’éteint en silence. Entre dedans et dehors, du je au tu, du clair à l’obscur, du réel à l’imaginaire, à travers les couches multiples du vécu, les mots vont et viennent, désirants, imparfaits, défaits.

Pour celui qui écrit, parfois des livres émergent, étranges balises sur les lignes de fond.

Jacqueline Saint-Jean

J’AI RÊVÉ

J'air rêvé que l'on me préparait une horchata  de chufa
C'était dans un café qui faisait face au Lyceo
Sur les Ramblas
en 197..

J'ai rêvé que je mâchais de la canne à sucre
pour tenir le coup jusqu'au soir
quand on rentrerait de la pêche
avec les indiens panaré
Et que l'on dégusterait assis sur nos cuisses
le poisson boucané

J'ai rêvé que j'allais à mon enterrement*
Dans la forêt pleine d'esprits
Où l'on installe ton corps sur un arbre
Avant de faire de tes os
Une poignée de poudre

J'ai rêvé qu'en jouant du violon
devant notre haie de pittosporums
Tu m'étais apparue
Dansant la plus que lente**
J'ai rêvé de nos adieux
Et de cette brassée de bruyère
Que je déposerai demain dès l'aube*** sur ta tombe

Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends*



*Guillaume Apollinaire **Claude Debussy ***Victor Hugo