L’AUBE EST LÀ (2)





à l’heure où blanchit la campagne

Victor Hugo





l’aube est là

sur ton petit doigt

teint en rose

odyssée





l’aube est là

dans la détresse

et l’angoisse des Caraquègnes

à Caracas

où tu vécus deux ans

joyeux





l’aube est là

que tu respires

exceptionnellement

de ce parfum écrit

précieux ténu éphémère merveilleux





l’aube est là

sans métaphore





l’aube est là

une femme t’appelle

qui n’est plus là

ta ligne reste en suspens

brisée inachevée





l’aube est là

la treizième aube

de la cinquième saison

tu ranimes le feu sous la cendre

et ranges le stylo noir qui écrivit

cette discrète symphonie






SER O ESTAR

« Hypnographie »

encre de chine sur papier kraft

Dorio

16/03/2017

HABITER EN OISEAU





(texte en cours)

J’observe cette nuit les écrits de ceux et celles qui passent leur vie à observer les oiseaux. Comme certain.e.s désirent « habiter le monde en poètes » il s’agit ici, selon le titre du livre de réflexion de Vinciane Despret, d’habiter en oiseau.

Je suis Colibri du Costa Rica et Troglodyte des marais près de Washington. Je suis mono, bi ou polygame. Je suis agité.e sur mon territoire en période de conflit où je risque de perdre ma plume, ou bien je suis tranquille dans mon jardin d’hiver.

Je suis Cassican flûteur, une pie d’Australie, vivant en abondance avec le vaste groupe ou avec de maigres ressources, si je vis en marge.

Je suis Mésange Charbonnière, mes manières d’habiter évoluent selon la présence ou non de prédateurs, selon mon espace forestier uni ou fragmenté par les bûcherons.

Je suis Hirondelle Familière célébrée par le poète Hugo, si mes vers avaient des ailes des ailes comme l’oiseau…

voix et musique
jean Jacques Dorio
sur un poème de Victor Hugo

L’AUBE EST LÀ





De la belle aube

Au triste soir

Apollinaire





l’aube est là

il fallut démêler les fils noirs de la nuit

ce ne fut pas sans peine

mais tout semble oublié





l’aube est là

sur le journal de bord

éclairé par les braises

du premier feu





l’aube est là

sur le moulin

la roue à aubes

que tu poussais

en te levant

il y a quarante ans





                                                             l’aube est là

ce serait extraordinaire

qu’un autre humain

de la planète Terre

au même instant

écrivit

l’aube est là

L'aube est là
collage sur calligraphies chinoises
ajouts Jean Jacques Dorio
22/03/2017

MAIS D’OÙ TU PARLES MADAME POÉSIE ?

 


Si la poésie te parle un instant tu ne sais plus qui tu es
la poésie de l’instant c’est son présent
pur don offrande aux frères humains et aux sœurs lustrales

La poésie se tait aussi mais ne renonce pas
le regard embrassant un arbre suivant un insecte un oiseau
et si les mots se présentent il ne faut pas les manquer

La poésie ne sait pas ce qu’elle va découvrir dans sa quête inlassable
c’est le chemin qui n’existe qu’en le faisant
c’est cette ligne qui sans ses lecteurs s’enfonce dans le néant

La poésie naît d’un manque de l’existence
et meurt de la prétention de l’avoir aboli
dans une œuvre vouée aux honneurs

La poésie si elle n’est pas une expérience de vie et de pensée
sans cesse remise à zéro
n’est que la mer morte où agonise le soi-disant faiseur de poésie
 

















texte Jacqueline Saint Jean
page composée sur papier kraft
format 14x10cm
Dorio
19/05/2017

LE BON TEMPS DE LA VIE





Les poètes ont été pour moi le bon temps de la vie.

                  Gaston Bachelard





La poésie : le plaisir de plonger dans l’irréel

face à l’inhumanité du monde

sa dureté sa cruauté.





La poésie : cette attention à la rêverie poétique

que le bon Bachelard développa en un livre entier.





La poésie : dans l’extrême solitude,

alimentée par les cris et les rires

des médiums de l’écriture,

l’imagination créatrice présente

portant témoignage

du bon temps de la vie.

« Hypnographie« 
JJ Dorio
sur deux vers
de Victor Hugo