pour les enfants et pour les raffinés
comme disait monsieur Max
Je ne dors pas dit l’insomniaque qui tourne en rond
Tiens j’ai écrit un alexandrin dit Machin
Il entend le vent de mer qui fait la farandole
Je ne dors pas je ne dors pas je ne dors pas
Faudrait mon cher faire survenir autre chose
Faire l’original Pousser la porte absente
Une ancienne figure me souffle un lettré
Un autre en rajoute : plagiat anticipé !
Je laisse là mes vers bien trop alambiqués
Colloque sentimental d’une forme passée
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LES MORTS NE SONT PAS MORTS

DANS LES PLUIES ET LES FEUX DU PETIT MATIN
LES MORTS NE SONT PAS MORTS
encre de chine pigmentée
format 10,5×14,8cm
dorio
22/11/2019
19h40
POUR NE PAS DÉRANGER
Les vers sont un art puéril
La Motte (1672-1731)
Pour ne pas déranger
On murmure à voix basse
Dans la douceur d’Angers
Mais sans Regrets qui lassent
Comme l’écrivait Du Bellay
Pour ne pas s’en mêler
On détourne la tête
Des riches qui paradent
Et se font l’accolade
Avant de s’étriper
Pour faire ces faux vers
On recopie La Motte-Houdar
Les vers sont un art puéril
Il est temps de filer
Et dare dare !
HUMOUREUSEMENT
un peu d’humour
beaucoup d’amour
de l’humour noir
des amours jaunes
un peu d’humour
de dérision
un requiem
d’accordéon
un peu d’humour
veilleur de nuit
dans la fabrique
des rêveries
un peu d’humour
tapis volant
dans les palais
du no man’s land
un peu d’humour
la voie est libre
les voix s’éclatent
dans les fous rires
un peu d’humour
taratata
pour les poètes
sans foi ni loi
un peu d’humour
dans les mantras
babil babel
et caetera
un peu d’humour
dans la nuit noire
tes pages blanches
ta bonne étoile
un peu d’humour
à l’encre vive
sous les pavés
des joyeux drilles
un peu d’humour
désespéré
dernière clope
du condamné
un peu d’humour
dans le miroir
les vieux nous rasent
les djeuns se poilent
un peu d’humour
de comédie
le fou du roi
joue de la lyre
un peu d’humour
de tragédie
rire éternel
du crâne vide*
*selon Paul Valéry
TERRITOIRES D’ÉCRITURES
À l’approche du poème, aurore et crépuscule redeviennent la nuit, le commencement et le bout de la nuit. Le poète y jette alors son filet, comme le pêcheur à la mer, afin de saisir tout ce qui évolue dans l’invisible, ces myriades d’êtres incolores, sans souffle et sans poids, qui peuplent le silence.
Edmond Jabès (1912-1991)
J’ai un territoire, en apparence étroit, infime, invisible ; ma chambre, mon lit, cette carte où je prose ces quelques lignes, au milieu de chaque nuit, dans la plus extrême des solitudes.
J’ai un territoire concomitant, immense, impersonnel, en mouvement perpétuel du connu vers l’inconnu, où « un autre que moi » réside, se désaccorde à ses croyances en s’accordant à des auteur.e.s de toutes disciplines, qui instaurent d’autres distances à des connaissances à renouveler, une intensité et des rythmes qui opèrent mues et métamorphoses.
Ce que j’essaie de dire là, ne peut passer que par une écriture, hésitante, ralentie, sans prétention, dont les motifs tissés ont besoin au matin de reprises sur le clavier azertyuiop, de contrepoints…en suspens.
(texte en cours) nuit et matin du 21/11/2019

cette carte où je prose ces quelques lignes
photographiée sur fond d’une toile peinte
titre : l’horloge sidérale
Dorio
24/08/2016