LA NUIT ENCOR LA NUIT

C’est là tout un poème

C’est là toute une nuit

La nuit

encor la nuit

de la vieille poésie

que personne plus ne lit :

Sa main laisse glisser les Constellations

La nuit qui vient de plus loin que la nuit

Se  mêlant à la page d’un poète dépourvu

Je la chante ô nuit avec mon peu de souffle

jusqu‘ à l’heure où blanchit la campagne

Jusqu’à l’aube et son aurore de paroles

BOUALEM SANSAL

Boualem Sansal, écrivain franco-algérien est incarcéré depuis cent jours, otage du pouvoir algérien, pour un délit d’opinion.

Des écrivains réunis en soutien à Boualem Sansal à l’Institut du monde arabe : « Nous sommes là pour toi, sans l’ombre d’un “mais”… »

L’IMA et les éditions Gallimard ont rassemblé, sur scène et à distance, des écrivains francophones (Patrick Modiano, Nathalie Azoulai, Amélie Nothomb, Hervé Le Tellier…) et étrangers (Jonathan Coe, Arundhati Roy, Roberto Saviano…) pour appeler à la libération du romancier franco-algérien emprisonné à Alger depuis novembre 2024.

Je suis là pour défendre le corps de l’écrivain. Je me préoccupe de son réveil le matin dans sa cellule qui lui confirme la cage, après la nuit où son corps a été libre dans le sommeil. Ouvrir les yeux, chercher ses lunettes laissées dans ses chaussures, l’endroit le plus sûr, y glisser les pieds en sachant qu’ils ne peuvent le conduire nulle part… Je n’ai que cette voix pour lui ouvrir les nombreuses serrures qui s’opposent à sa sortie par la grande porte. Erri de Luca

POUTINE FASCISTE

« Quand, avec un mouvement de menton viril, Poutine déclare que « face à la menace terroriste, peu importent les pertes, nous ne nous laisserons pas faire, qu’on se le tienne pour dit! », il se rappelle comme elle (la journaliste Anna Politkovskaïa abattue dans l’escalier de son immeuble le 7 octobre 2006) la rumeur insistante selon laquelle les terribles attentats de 1999 n’ont pas été commis par les Tchétchènes mais par le FSB (successeur du KGB) avec l’aval du président Poutine, et il finit comme Politkovskaïa par traiter celui-ci de « fasciste ».« 

Emmanuel Carrère Limonov 2011

 » Arrivé au pouvoir, il aime se faire photographier torse nu, musclé, en pantalon de treillis, avec un poignard de commando à la ceinture. Il est froid et rusé, il sait que l’homme est un loup pour l’homme, il ne croit qu’au droit du plus fort, au relativisme absolu des valeurs, et il préfère faire peur qu’avoir peur. L’équipage du sous-marin Koursk peut mettre huit jours à crever d’asphyxie au fond de la mer de Barants, les forces spéciales russes peuvent gazer 150 otages au théâtre de la Doubrovska et 350 enfants être massacrés à l’école de Beslan, Vladimir Vladimirovitch alias Poutine donne au peuple des nouvelles de sa chienne qui a mis bas. La portée va bien, très bien : il faut voir le bon côté des choses.

E. Carrère

MOI

Moi-ci Moi-là

Moi yin Moi yang

Moi et les petits oiseaux

Un roitelet des troglodytes

Moi chérissant la mer

Dans les eaux de ma mère

Moi sur mon île déserte

Individu littéraire

Sur scène avec Didi et Gogo

En attendant le Cogito

Moî moi m’applaudissant d’une seule main

L’autre mouchant la flamme d’une chandelle

Moi au lit lisant ces fadaises

Niaiseries d’un mort fictif

Ni mort ni vif