DIRE ES TRAUCAR LO SILENCI

Dire es traucar lo silenci
Escriure es dire
Paraulas escantidas
Quand escriure
Bota fuòc a la lenga

Brasàs que belugueja
Dins la nuòch

Coma l’estèla lo vèspre de Nadal

Escriure per comolar l’abséncia
E revirar en mots
L’indefugibla sentida de la vida


Escriure, viure, dire
La sinfoniá inacabada del mond
Dins una abraçada longa
Al pas d’una farandòla descabestrada


Dire es traucar lo silenci

un envoi de Joan Pau Creissac

Dire c'est trouer le silence 

SOUS LE FORT DE BOUC

Je n’hésite jamais plus quand j’écris ainsi J’ai hésité naguère et même parfois raturé Je ne savais pas alors me préparer Être prêt à accueillir les lignes de mots qui composent les poèmes de nos vies Je n’hésite jamais mais ma page – cette page-là par exemple – peut demander pour s’écrire un temps très long Je la quitte des yeux Vois sans bien le regarder le paysage – une torchère, de petits bateaux et leurs sillons dans la passe maritime sous le Fort-de-Bouc – Et aussi pour faire peau neuve – ou peut-être plus simplement faire la peau au texte – Je laisse là ce frêle essai à reprendre un jour… ou jamais

1er janvier 2025

UN POÈME PAR JOUR

J’ai toujours estimé la poésie comme un somptueux banquet où chacun est le bienvenu Joachim du Bellay

Un poème par jour

C’est une hygiène de vie

C’est ma résolution

Pour traverser les nuits

Dans la forêt des pages

De l’an difficile qui va nous traverser

Un poème par jour

Que l’on apprend par cœur

Sois sage o ma douleur

J’ai tant de souvenirs

Que petit à petit

Les poèmes y font leur nid

Dernier jour de l’année

S’allument nos falots

Portant semences et fruits

Poèmes papillons

Comme un battement d’ailes

Pollinisant l’esprit

Martigues 31/12/2024

EN VERS MÊLÉS

Ne croyez pas que je me joue

Mêlant mes vers présents du jour

À la grande mêlée sur la toile

Ne croyez pas que je me poile

À hasarder plume lézarde

Dans la confusion d’internet

Et que le feu de la langue vous arde

Si ne savez combien d’amours se jouent

Dans la moindre pièce donnée

À lire et à goûter en vers mêlés

une page en vers mêlés

UN SOIR

Un soir

Je fus un soir
campé au pied d’une télescope visionnaire
qui progressait rapidement vers le Céleste -
Nuit de velours funèbre damassé d’astres très lointains -
tandis que le soleil depuis nos antipodes
faisait saillir, accrochées à l’arbre invisible
de la gravitation – cette grande amoureuse –
quelques planètes arrondies
comme des boules de Noël
Jetons quelque prière
à l’arche illimitée des étoiles non fixes


« Cosmos aux mouvements qu’un Principe inconnu
gouverne et fait prévoir dans l’horloge des siècles,
sur la Terre livrée à la folie des hommes
on brise constamment les tables de la Loi
Comment hurler la paix, exiger son retour
aux mafieux des pouvoirs réputés maîtres de terreur ?
Collez votre œil à l’oculaire : lumières en suspens
sur l’incommensurable, regardez - les au prix
de tout orgueil petit ou grand
Le piédestal où le tyran se juche
est d’emblée fissuré. Faisons ce vœu
qu’en 2025 nous assistions à des fractures
d’Histoire, voltes où le destin se plaît
à remagnétiser l’Aimant fédérateur d’Amour.

André Ughetto, 23 décembre 2024

LA MASSACRE DES INNOCENTS
Je perds les pédales devant l'horrible guerre
-C'est pas juste dit l'enfant d’un kibboutz
dont la famille a été massacrée
Puis après l'Israélien c'est un petit Palestinien
de Gaza qui hurle sa désespérance


Je suis entouré d'arbres qui me regardent
Je les entends me menacer
Je ne sais au juste ce qu'ils me reprochent
Difficile pourtant d'esquiver
Mais dire la détresse comme elle est
N'est pas donné à la langue de tous les jours
(les mots des tribus ennemies ajoutent de la haine au désespoir)

-C'est pas juste disent les enfants des deux peuples ennemis
C'est de plus en plus nous qui subissons le massacre des innocents
Combien d'années maudites faudra-t-il encore passer
Avant de revoir refleurir la paix l'art
le petit bonheur d'Exister

JJ Dorio Noël 2024